Dans le cadre de la conservation des espèces en voie de disparition, l’Océanopolis de Brest s’engage à préserver plusieurs espèces marines, notamment les poissons-scie.
Ces créatures étonnantes jouent un rôle vital dans l’écosystème marin, et il est crucial de prendre des mesures pour assurer leur survie. Armé d’un rostre muni de dents tranchantes, Pristis pristis, le poisson-scie est impressionnant et rare dans le milieu naturel.
Les poissons-scie ne doivent pas être confondus avec les requins-scie. Bien que les deux possèdent un rostre semblable à une scie, ils appartiennent à des groupes différents. Les poissons-scie sont des raies, tandis que les requins-scie sont plus étroitement liés aux requins.
Programme de conservation et reproduction des poissons-scie : un espoir pour les espèces menacées
Ils sont sur le point d’introduire une femelle de poisson-scie avec un mâle dans l’aquarium de Montpellier et de fournir des œufs de requin zèbre à la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Les poissons-scie sont des créatures marines fascinantes qui appartiennent à la famille des Pristidae. Voici quelques informations notables à leur sujet :
- Apparence : Comme leur nom l’indique, les poissons-scie possèdent un rostre long et plat qui ressemble à une scie. Ce rostre est bordé de dents pointues des deux côtés.
- Habitat : Ils se trouvent principalement dans les eaux tropicales et subtropicales, à la fois dans l’océan et dans l’eau douce. Ils préfèrent les eaux peu profondes près des côtes.
- Alimentation : Ils utilisent leur rostre pour fouiller le fond marin à la recherche de proies, essentiellement des petits poissons et des crustacés. Ils peuvent également s’en servir pour assommer leurs proies.
- Reproduction : Les poissons-scie sont ovovivipares, ce qui signifie que les œufs se développent et éclosent à l’intérieur du corps de la mère, qui donne ensuite naissance à des jeunes vivants.
- Statut de conservation : Malheureusement, en raison de la surpêche et de la dégradation de leur habitat, les populations de poissons-scie ont considérablement diminué. Ils sont actuellement considérés comme une espèce en danger critique d’extinction.
- Particularités : Le rostre du poisson-scie est souvent vendu comme un trophée ou utilisé dans la médecine traditionnelle dans certaines cultures, ce qui contribue à la menace qui pèse sur ces animaux.
Femelle poisson-scie : clé de la survie de l’espèce
La jeune femelle Pristis pristis vit actuellement dans le pavillon tropical de l’Océanopolis. À 23 ans, cette femelle est à peine assez âgée pour se reproduire, mais son rôle dans la survie de son espèce est crucial. La population de poissons-scie connaît une baisse importante, notamment près de Madagascar. Il ne reste que quatre individus en Europe : deux mâles à Montpellier, une femelle à Valence (Espagne) et celle de Brest.
En octobre prochain, la femelle de Brest rejoindra donc le Planet Océan aquarium à Montpellier.
Capture délicate et stratégies d’acclimatation
Pour transférer cette rare femelle poisson-scie, il faut éviter à tout prix de la stresser. Les équipes soignantes de l’Océanopolis ont imaginé une méthode originale pour la capturer sans danger. Ils ont déplacé progressivement sa station d’alimentation vers un bassin peu profond adjacent au bassin des requins. « La stratégie classique consiste à ce que les plongeurs attrapent l’animal avec une sorte de filet-chaussette et la remontent à la surface », explique Pierre Ternat, responsable de l’aquariologie à l’Océanopolis. Si jamais la femelle de Brest résiste à cette méthode, les soigneurs ont élaboré une autre solution pour l’attraper : depuis plusieurs mois, ils effectuent des plongées de désensibilisation. « C’est une réussite, nous pouvons tenir au moins cinq minutes sans qu’elle réagisse », se félicite Ternat.
Requins zèbres : un succès de reproduction en captivité
L’Océanopolis participe également à un programme de préservation des requins zèbres.
Depuis 2013, le centre a réussi à reproduire ces animaux en captivité. En raison de la surpêche et de la dégradation de leur habitat en Papouasie-Nouvelle-Guinée, la population de requins zèbres est en déclin et est considérée comme menacée par l’UICN.
- « Nous étions les premiers en Europe à réussir à élever des requins zèbres en captivité », précise Dominique Barthelemy, conservateur en charge des milieux vivants à l’Océanopolis.
- Les requins zèbres de Brest produisent jusqu’à quinze juvéniles par an depuis 2013.
- Ils sont génétiquement compatibles avec les populations de requins zèbres des îles Raja Ampat.
La collaboration entre l’Océanopolis et les autorités de Papouasie-Nouvelle-Guinée a permis la mise en place d’un programme de réintroduction à grande échelle des requins dans leur milieu naturel. Étant le septième établissement et seul représentant français, l’Océanopolis vient de recevoir une accréditation en tant que site de reproduction pour ce programme de conservation.
Les œufs en route vers Papouasie-Nouvelle-Guinée
Barthélemy explique que les œufs devront être envoyés lorsque les embryons sont bien fixés mais pas encore prêts à éclore, soit entre la 10ème et la 15ème semaine. Cette démarche illustre clairement l’engagement de l’Océanopolis dans la préservation des espèces marines menacées, qui comprend également des programmes pour les coraux, les poissons tropicaux ou les mammifères marins.
En somme, les initiatives de l’Océanopolis à Brest témoignent d’une volonté croissante de protéger et préserver ces espèces menacées, apportant ainsi un espoir pour leur survie future.
