--- title: "Les solutions naturelles pour lutter contre les parasites chez les équidés" url: https://www.dicoanimaux.com/les-solutions-naturelles-pour-lutter-contre-les-parasites-chez-les-equides.html author: "Dico Animaux" date_published: 2024-10-28T21:15:55+01:00 date_modified: 2026-09-14T18:38:52+02:00 categories: ["Actus"] tags: ["cheval"] image: https://www.dicoanimaux.com/wp-content/uploads/2024/10/Les-solutions-naturelles-pour-lutter-contre-les-parasites-chez-les-equides.webp description: "Aucune plante ne tue les petits strongles enkystés dans la paroi intestinale d'un cheval. C'est la limite que les méthodes douces ne franchissent pas, et il vaut..." site: "Dico Animaux" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Les solutions naturelles pour lutter contre les parasites chez les équidés Aucune plante ne tue les petits strongles enkystés dans la paroi intestinale d'un cheval. C'est la limite que les méthodes douces ne franchissent pas, et il vaut mieux le savoir avant de remplacer un vermifuge par une cure d'ail. En revanche, le ramassage des crottins, la rotation des parcelles et la coproscopie réduisent la pression parasitaire bien plus que n'importe quel complément, et ces leviers sont gratuits ou presque. ## Pourquoi la question se pose vraiment Le problème n'est pas idéologique, il est pharmacologique. Les petits strongles, ou cyathostomes, sont devenus résistants aux benzimidazoles dans la majorité des écuries européennes, et des baisses d'efficacité de la pyranteline sont documentées depuis les années 2000. L'ivermectine et la moxidectine tiennent encore, mais leur durée d'action raccourcit sur certains sites. Chaque traitement donné sans raison accélère ce processus. Le réflexe de vermifuger tout le monde quatre fois par an, en même temps, est précisément ce qui a créé la résistance. La stratégie actuelle, portée par les vétérinaires équins et les recommandations européennes, s'appelle le traitement sélectif : on compte les œufs, on traite ceux qui en excrètent beaucoup, on laisse tranquilles les autres. C'est de là que vient la vraie réduction de chimie, pas des plantes. **La règle des 20 et 80** Dans un troupeau, environ 20 % des chevaux excrètent 80 % des œufs de strongles. Une coproscopie à 15 ou 25 euros par cheval identifie ce groupe. Traiter uniquement ces individus divise souvent par deux ou par trois le nombre de doses distribuées sur l'année, sans laisser filer le parasitisme. ## Ce qui marche réellement : la gestion de la pâture Les larves infestantes ne vivent pas dans le cheval, elles vivent dans l'herbe. Tout ce qui casse ce cycle vaut mieux qu'un produit. - **Ramasser les crottins deux fois par semaine**. C'est la mesure la mieux documentée, et la plus fastidieuse. Elle retire les œufs avant qu'ils n'éclosent, donc avant que les larves ne migrent sur les brins d'herbe. - **Respecter le chargement**. Un cheval par hectare reste gérable, quatre chevaux sur le même hectare transforment la parcelle en bouillon de culture. Le surpâturage oblige l'animal à brouter au ras du sol, là où les larves se concentrent. - **Faire tourner les parcelles**, avec des repos de deux à trois mois en saison chaude. L'été sec détruit les larves en surface, l'hiver doux les conserve très bien. - **Faire pâturer bovins ou ovins derrière les chevaux**. Ils ingèrent les larves équines, qui meurent chez eux sans se développer. C'est un aspirateur biologique gratuit quand on a la possibilité de le faire. - **Isoler les nouveaux arrivants** deux à trois semaines, avec coproscopie avant la mise au pré. Le hersage, souvent conseillé, est à manier avec précaution : il ne fonctionne qu'en plein été, par forte chaleur et sécheresse, quand les larves exposées grillent. Herser par temps doux et humide revient à étaler les parasites sur toute la parcelle. **Le geste le plus rentable** Deux ramassages de crottins par semaine sur une parcelle réduisent la contamination larvaire davantage qu'un traitement trimestriel. Sur un pré de deux hectares avec trois chevaux, comptez environ une heure de travail hebdomadaire pour un résultat mesurable à la coproscopie suivante. ## Les plantes : ce qu'elles font, ce qu'elles ne font pas Les compléments à base de plantes se vendent bien, mais les essais de terrain qui les comparent à un placebo ne montrent pas de baisse significative du nombre d'œufs par gramme de crottin. Autrement dit, ils ne remplacent pas un vermifuge chez un cheval infesté. Certains ont des effets sur le confort digestif ou l'appétit, et c'est déjà quelque chose, à condition de ne pas leur prêter ce qu'ils ne font pas. Un cas mérite un avertissement franc. L'ail, souvent présenté comme le vermifuge naturel du cheval, contient des composés soufrés qui oxydent les globules rouges. Une étude canadienne a montré l'apparition de corps de Heinz et d'une anémie chez des chevaux recevant de l'ail en quantité soutenue sur plusieurs semaines. L'ail figure à juste titre sur la liste des aliments toxiques pour les animaux domestiques, au même titre que l'oignon. Une pincée occasionnelle dans une ration n'a jamais tué personne, une cure quotidienne prolongée est une mauvaise idée. **Trois produits à ne pas utiliser à l'aveugle** L'ail en cure longue expose à l'anémie. La terre de diatomée par voie orale n'a jamais montré d'effet sur les strongles, et sa poussière irrite les voies respiratoires du cheval comme celles du soigneur. Les huiles essentielles ne s'appliquent jamais pures sur la peau : l'arbre à thé est irritant et franchement toxique chez le chat de l'écurie. ## Les répulsifs aromatiques, utiles contre les mouches Sur les parasites externes, le raisonnement change. Repousser une mouche ou un taon ne demande pas de tuer quoi que ce soit, et là certaines huiles rendent service. La citronnelle, l'eucalyptus citronné et le géranium rosat, dilués dans une base huileuse ou hydratés, tiennent une à deux heures en plein été. C'est court, il faut repasser, mais cela évite de pulvériser un insecticide de synthèse trois fois par jour. Quelques précautions valent d'être posées. Diluez toujours, testez sur une petite zone 24 heures avant, évitez les yeux, les naseaux et les parties génitales, et ne traitez pas un cheval qui va rester en plein soleil avec une huile photosensibilisante comme les agrumes pressés. Pour les gales de boue ou les dermatites suintantes, on ne bricole pas : ces lésions se surinfectent vite et demandent un avis vétérinaire. La chemise anti-mouches, le masque et un abri ombragé battent d'ailleurs tous les répulsifs. Contre les culicoides responsables de la dermite estivale, seule une barrière physique posée avant le crépuscule fait vraiment la différence. **Le calendrier qui a du sens** Une coproscopie au printemps et une à la fin de l'été, avant la rentrée en boxe. Un traitement contre les ténias une fois par an chez les chevaux au pré, et un traitement larvicide en fin d'automne pour les stades enkystés, que la coproscopie ne détecte jamais. Le reste se décide au cas par cas avec le vétérinaire. ## Où s'arrête le naturel Les stades larvaires enkystés dans la muqueuse intestinale échappent à la coproscopie et à tous les compléments. Quand ils ressortent en masse, en général à la fin de l'hiver, ils provoquent une cyathostominose larvaire : diarrhée profuse, amaigrissement rapide, œdèmes des membres. C'est une urgence, et le pronostic n'est pas bon. C'est la raison pour laquelle un protocole entièrement sans molécule vermifuge reste risqué chez les jeunes chevaux et les chevaux au pré toute l'année. La position tenable ressemble donc à ceci : moins de traitements, mieux ciblés, décidés sur des analyses, appuyés sur une gestion sérieuse des parcelles, avec des plantes en soutien du confort digestif et des répulsifs végétaux pour l'été. Le vétérinaire équin construit ce plan avec vous, et il tiendra compte de l'âge, du mode de vie et de l'historique du cheval. C'est moins séduisant qu'une recette maison, et nettement plus efficace.