--- title: "Les indispensables pour la santé de votre cheval : tout ce que vous devez savoir sur les soins à lui apporter" url: https://www.dicoanimaux.com/les-indispensables-pour-la-sante-de-votre-cheval-tout-ce-que-vous-devez-savoir-sur-les-soins-a-lui-apporter.html author: "Dico Animaux" date_published: 2024-11-07T22:01:34+01:00 date_modified: 2026-09-14T18:39:17+02:00 categories: ["Actus"] tags: ["cheval"] image: https://www.dicoanimaux.com/wp-content/uploads/2024/11/cheval-4-scaled.webp description: "Un cheval en bonne santé, ce n'est pas une liste de bonnes intentions : c'est un calendrier tenu, quelques gestes répétés chaque jour, et la capacité à reconnaître..." site: "Dico Animaux" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Les indispensables pour la santé de votre cheval : tout ce que vous devez savoir sur les soins à lui apporter Un cheval en bonne santé, ce n'est pas une liste de bonnes intentions : c'est un calendrier tenu, quelques gestes répétés chaque jour, et la capacité à reconnaître les trois ou quatre situations qui imposent d'appeler le vétérinaire sans attendre le lendemain. Voici l'année de soins telle qu'elle se déroule vraiment, échéance par échéance, et les signaux qui font basculer une routine en urgence. La différence entre un propriétaire tranquille et un propriétaire qui court derrière les problèmes tient rarement au budget. Elle tient à l'agenda : parage ou ferrure toutes les six à huit semaines, dents une fois par an, vaccins aux dates prévues, vermifugation raisonnée. Tout le reste découle de là. **Les rendez-vous de l'année** Maréchal-ferrant toutes les six à huit semaines. Examen dentaire une fois par an, deux chez le jeune cheval et le vieux. Rappel de vaccination grippe tous les six à douze mois selon le règlement de votre discipline, tétanos tous les deux à trois ans. Vermifugation deux à quatre fois par an, idéalement guidée par une coproscopie. ## Les quinze minutes quotidiennes qui servent d'examen ![Cavalier en train de panser un cheval bai attaché devant un box](https://www.dicoanimaux.com/wp-content/uploads/2024/11/Les-indispensables-pour-la-sante-de-votre-cheval-tout-ce-que-vous-devez-savoir-sur-les-soins-a-lui-apporter.webp) Le pansage n'est pas qu'une affaire de propreté. En passant l'étrille et la brosse, vos mains parcourent tout le corps de l'animal : c'est le moment où l'on trouve une chaleur anormale sur un tendon, une coupure sous le ventre, une tique dans le toupet ou une zone que le cheval refuse de laisser toucher. Un cheval qui se dérobe à un endroit précis vous dit quelque chose. Le curage des pieds se fait avant et après chaque sortie. On retire la terre, les cailloux coincés dans la fourchette, et on sent l'odeur : une odeur forte et noirâtre au niveau des lacunes signe une pourriture de fourchette, fréquente dans les box humides. Profitez-en pour vérifier que les fers tiennent et qu'aucun clou ne dépasse. ## Nourrir un herbivore conçu pour mâcher toute la journée À l'état naturel, un cheval broute quinze à dix-sept heures par jour. Son estomac, petit et qui sécrète de l'acide en continu, supporte mal les longues heures à vide : c'est l'origine d'une bonne partie des ulcères gastriques et des tics. La règle de base : du fourrage à volonté ou presque, jamais plus de quatre à six heures sans rien. - **Fourrage :** un foin propre, non poussiéreux, pour 1,5 à 2 % du poids vif par jour, soit 8 à 10 kg de foin pour un cheval de 500 kg. - **Concentrés :** uniquement si le travail ou l'état corporel le justifient, en repas fractionnés, jamais plus de 2 kg d'un coup. - **Eau :** 20 à 50 litres par jour, davantage en été ou pour une jument qui allaite. Un abreuvoir gelé en janvier est une cause classique de colique. - **Pierre à sel :** en libre accès toute l'année, sous abri. Les crottins racontent beaucoup : nombre (une quinzaine par jour), consistance, présence de grains entiers non digérés qui orientent vers un problème dentaire. Un cheval qui ne crotte plus depuis plusieurs heures et qui se retourne vers son flanc n'attend pas. **Colique : les signes qui imposent un appel immédiat** Grattage du sol, regards insistants vers le flanc, tentatives de se coucher et de se rouler, transpiration sans effort, absence de crottins, gencives pâles ou grisâtres. La colique reste la première cause de mortalité chez le cheval adulte et son pronostic se dégrade d'heure en heure. On appelle le vétérinaire, on ne donne aucun médicament de sa propre initiative et on ne fait pas marcher l'animal pendant des heures en espérant que ça passe. ## Le box, le pré et ce que l'air fait aux poumons Un box mal curé concentre l'ammoniac au ras du sol, exactement à hauteur des naseaux d'un cheval qui mange son foin. Les affections respiratoires chroniques, dont l'asthme équin, sont très liées à cet environnement. Curage quotidien, litière suffisamment épaisse, ventilation même en hiver, et foin trempé ou dépoussiéré si votre cheval tousse au travail. Le pré n'est pas exempt de pièges : clôtures à vérifier après chaque coup de vent, ramassage régulier des crottins pour casser le cycle des parasites, et surveillance des plantes toxiques. Le séneçon de Jacob, jaune et abondant en bord de parcelle, détruit le foie à petit feu et reste dangereux une fois séché dans le foin. L'if, souvent planté en haie, tue en quelques dizaines de minutes. ## Vaccins et parasites : ce qui est obligatoire, ce qui se raisonne La vaccination contre la grippe équine est exigée par les fédérations pour tout cheval qui sort en compétition ou fréquente un rassemblement, avec des délais de rappel à respecter à la lettre sous peine de refus au contrôle vétérinaire. Le tétanos concerne tous les chevaux sans exception : le germe vit dans la terre et la moindre plaie de pied suffit. Rhinopneumonie et encéphalomyélite se discutent selon la région, l'âge et le mode de vie, en particulier dans les écuries à forte rotation. Pour les vers, la pratique a changé. Vermifuger tout le monde quatre fois par an à date fixe a fabriqué des résistances. La démarche recommandée aujourd'hui consiste à faire analyser les crottins (coproscopie) deux à trois fois dans l'année et à traiter les chevaux qui excrètent réellement des œufs, avec un traitement d'hiver ciblant les larves de gastérophiles. Le choix de la molécule et le calendrier se décident avec le vétérinaire, pas au rayon du sellier. **Les constantes à connaître par cœur** Température rectale au repos : 37,2 à 38,2 degrés. Fréquence cardiaque : 28 à 44 battements par minute. Fréquence respiratoire : 8 à 16 mouvements par minute. Temps de recoloration des gencives : moins de deux secondes. Relevez ces valeurs sur votre cheval en bonne santé une fois par saison, elles vous serviront de référence le jour où quelque chose cloche, et le vétérinaire vous les demandera au téléphone. ## Dents, dos, membres : les trois zones qui expliquent la plupart des refus au travail Les dents du cheval poussent en continu et s'usent de façon irrégulière, créant des pointes d'émail qui blessent les joues. Signes d'appel : perte d'état alors que la ration n'a pas changé, boulettes de foin recrachées, tête portée de travers, résistance soudaine à la main. Un examen annuel par un vétérinaire équin ou un dentiste équin habilité suffit dans la plupart des cas. Sur les membres, on palpe tendons et boulets avant et après le travail, à froid. Chaleur, gonflement ou douleur à la pression sur un tendon fléchisseur méritent l'arrêt du travail et un avis. Les argiles et gels de récupération soulagent les petites fatigues, ils ne soignent pas une tendinite. Quant au dos, une selle mal adaptée fabrique en quelques semaines des contractures et des attitudes de défense qu'on met des mois à effacer. Un contrôle du matelassure par un saddle fitter à chaque changement d'état corporel marqué, au printemps par exemple, évite beaucoup de séances d'ostéopathie. ## Insectes, soleil et trousse de secours De mai à septembre, taons et culicoïdes transforment un pré ouvert en enfer. Un abri, une chemise légère et un masque à franges valent mieux que des applications répétées de répulsif, dont l'effet retombe après quelques heures ou une averse. La dermite estivale récidivante, réaction allergique aux piqûres de culicoïdes, touche surtout les chevaux de type islandais ou frison et se gère en protégeant l'animal aux heures de vol, tôt le matin et en fin de journée. Une trousse tenue à jour dans l'écurie : thermomètre, compresses stériles, bandes de contention, antiseptique dilué, pince à tiques, lampe frontale, et le numéro du vétérinaire ainsi que celui du maréchal collés à l'intérieur du couvercle. Ce qui manque le jour de la plaie, c'est presque toujours la bande propre et la lumière. Un cheval bien suivi coûte moins cher qu'un cheval réparé. Notez les dates dans un carnet ou une application, transmettez-les à la personne qui s'occupe de lui quand vous partez, et vous découvrirez que la santé équine est surtout une question d'organisation.