--- title: "Les animaux de We Love Green maltraités ? Découvrez le scandale caché en coulisses !" url: https://www.dicoanimaux.com/les-animaux-de-we-love-green-maltraites-decouvrez-le-scandale-cache-en-coulisses.html author: "Dico Animaux" date_published: 2024-06-01T02:02:33+02:00 date_modified: 2026-09-14T13:52:21+02:00 categories: ["Chat"] description: "Il n'y a pas de scandale caché derrière We Love Green : il y a un conflit d'usage public, documenté et ancien, entre un festival de 2024 installé dans le bois de..." site: "Dico Animaux" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Les animaux de We Love Green maltraités ? Découvrez le scandale caché en coulisses ! Il n'y a pas de scandale caché derrière We Love Green : il y a un conflit d'usage public, documenté et ancien, entre un festival de 2024 installé dans le bois de Vincennes et des associations naturalistes qui demandent son déménagement depuis plusieurs éditions. ## Ce qui se joue exactement dans le bois de Vincennes ![Scène de festival en plein air installée sous les arbres d'un bois urbain](https://www.dicoanimaux.com/wp-content/uploads/2024/06/Les-animaux-de-We-Love-Green-maltraites-Decouvrez-le-scandale-cache-en-coulisses-.webp) Le bois de Vincennes couvre près de 1 000 hectares à l'est de Paris, en bordure du 12e arrondissement. C'est le plus grand espace vert de la capitale, propriété de la Ville de Paris, et il accueille chaque année plusieurs grands rassemblements. We Love Green s'y tient début juin, au moment où les oiseaux forestiers nourrissent leurs nichées. C'est ce **calendrier** qui cristallise le désaccord. La période de nidification de la plupart des passereaux urbains court d'avril à juillet. Monter des scènes, des villages et des voies de circulation sur plusieurs hectares pendant ces semaines-là, puis les démonter, suppose des semaines de camions, de groupes électrogènes et d'éclairage nocturne au milieu d'un habitat occupé. **Le désaccord tient en une date** Le festival se déroule au début du mois de juin. La nidification des oiseaux forestiers s'étale d'avril à juillet. Le montage et le démontage ajoutent plusieurs semaines de chantier de part et d'autre. Ce n'est pas le concert de deux jours qui est contesté, c'est l'occupation d'un mois. ## Ce que disent les associations Le Groupe national de surveillance des arbres (GNSA) est en première ligne. Sa représentante Marie-Noëlle Bernard résumait la position en 2024 par une formule très citée : « À 120 décibels, vous faites exploser les tympans des écureuils ! ». Elle mentionnait aussi un jeune rapace trouvé déshydraté lors de l'édition 2023 et que l'association n'a pas réussi à sauver. Sur ce point, autant être exact : la phrase est une **image, pas un résultat d'étude**. Personne n'a mesuré de rupture tympanique chez les écureuils du bois de Vincennes. Ce qui est documenté chez les mammifères et les oiseaux, c'est l'effet du bruit sur les comportements : abandon temporaire de territoire, alarme prolongée, nourrissage des jeunes interrompu, chants décalés vers la nuit. L'argument tient, mais pas sous cette forme. Les hérissons reviennent souvent dans les alertes. Leur stratégie de défense consiste à se mettre en boule et à ne pas bouger, ce qui est la pire réponse possible face à un véhicule de chantier ou à une foule. Les orchidées sauvages de la plaine, protégées pour certaines espèces, souffrent du piétinement au même moment de l'année, en pleine floraison. **Un hérisson en boule n'est pas en sécurité** Le hérisson est protégé en France depuis 1981 : il est interdit de le capturer, de le transporter ou de le détenir. Un animal immobile en plein jour, au milieu d'un passage, est presque toujours un animal en difficulté. La conduite à tenir est d'appeler un centre de sauvegarde de la faune sauvage, pas de le ramener chez soi. ## L'étude d'impact commandée par le festival De son côté, l'organisation met en avant une étude d'impact sur l'avifaune nicheuse confiée à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). Les premiers éléments rendus publics allaient dans un sens nuancé : les espèces à petit territoire se maintiennent sur place, celles qui ont besoin de grands espaces s'écartent temporairement de la zone du festival. Le reproche des associations porte moins sur le résultat que sur son périmètre. Une étude menée sur une seule édition ne dit rien des effets cumulés d'une occupation répétée année après année. Sans protocole pluriannuel ni zone témoin, le débat reste ouvert, et il l'était toujours en juin 2024. ## La demande de relocalisation Plusieurs associations, avec le soutien de la LPO, réclamaient alors le déplacement du festival vers un site déjà artificialisé. Le Stade de France, à Saint-Denis, revenait comme hypothèse principale : une enceinte bétonnée, desservie par deux gares, où aucun habitat forestier n'est en jeu. La directrice du festival, Marie Sabot, y était opposée. Selon Marie-Noëlle Bernard, sa réponse tenait à une question de surface : pas assez de place au Stade de France pour installer le village du festival. L'argument se tient sur le plan logistique, mais il laisse entière la question posée par les naturalistes. **Où en était le dossier en juin 2024** Aucune décision de relocalisation n'avait été prise. Le festival s'est tenu dans le bois de Vincennes, l'étude d'avifaune existait mais restait contestée, et les associations annonçaient poursuivre leurs démarches auprès de la Ville de Paris. La suite de ce dossier ne s'est pas jouée dans cet article. Reste la question que pose le titre. Parler de **maltraitance animale** au sens juridique ne colle pas ici : la notion vise des animaux détenus par quelqu'un, pas une faune sauvage dérangée sur son territoire. Le sujet réel est plus terne et plus sérieux : savoir si un bois urbain de 1 000 hectares, qui sert d'habitat à des espèces protégées, peut aussi servir de salle de concert au mois de juin. Cette question-là se tranche à l'hôtel de ville, pas dans les coulisses.