--- title: "Le Spitz allemand : tout ce que vous devez savoir sur cette race de chien" url: https://www.dicoanimaux.com/le-spitz-allemand-tout-ce-que-vous-devez-savoir-sur-cette-race-de-chien.html author: "Dico Animaux" date_published: 2024-12-21T21:16:14+01:00 date_modified: 2026-09-13T02:09:38+02:00 categories: ["Actus"] image: https://www.dicoanimaux.com/wp-content/uploads/2024/12/Le-Spitz-allemand-tout-ce-que-vous-devez-savoir-sur-cette-race-de-chien-1.png description: "Sous le nom de Spitz allemand se cachent cinq chiens qui n'ont ni la même taille, ni le même mode de vie : du nain de 2 kg au Wolfsspitz de 20 kg. Le point commun..." site: "Dico Animaux" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Le Spitz allemand : tout ce que vous devez savoir sur cette race de chien Sous le nom de Spitz allemand se cachent cinq chiens qui n'ont ni la même taille, ni le même mode de vie : du nain de 2 kg au Wolfsspitz de 20 kg. Le point commun, celui qui fait ou défait la cohabitation, c'est la voix. ## Cinq variétés, cinq chiens différents ![Spitz allemand orange au pelage dense, oreilles dressées et queue enroulée sur le dos](https://www.dicoanimaux.com/wp-content/uploads/2024/12/Le-Spitz-allemand-tout-ce-que-vous-devez-savoir-sur-cette-race-de-chien.png) La Fédération cynologique internationale regroupe ces cinq formats sous un seul standard, le numéro 97, dans le groupe des chiens de type spitz et primitif. Même silhouette à chaque fois : museau de renard, petites oreilles triangulaires dressées, queue enroulée sur le dos, double pelage avec un sous-poil épais. Ce qui change, c'est l'échelle, et avec elle le budget croquettes, la place nécessaire et la fragilité. **Le mètre ruban avant le coup de cœur** Wolfsspitz (Keeshond) : 49 cm au garrot environ, autour de 20 kg. Grand Spitz : 46 cm, 17 à 20 kg. Spitz moyen : 34 cm, 8 à 12 kg. Petit Spitz : 26 cm, 4 à 6 kg. Spitz nain, le Poméranien : 20 cm, 1,9 à 3,5 kg. Entre le premier et le dernier, le rapport de poids est de un à dix. Mon avis sur ce point : le Spitz moyen est le plus injustement boudé des cinq. Assez petit pour un appartement, assez costaud pour marcher trois heures un dimanche, moins fragile que le nain, moins volumineux à brosser que le Wolfsspitz. La mode a concentré la demande sur le Poméranien, qui est le format le plus délicat du lot. ## Des chiens de cour avant d'être des chiens de canapé On lit partout que le Spitz descend de chiens de tourbières vieux de huit mille ans. La filiation est répétée depuis le 19e siècle, elle n'a jamais été établie par la génétique moderne. Ce qui est documenté, c'est l'usage : dans les fermes et sur les péniches d'Europe centrale, ces chiens gardaient la cour, signalaient l'intrus et ne quittaient pas leur territoire. On ne les a pas sélectionnés pour chasser ni pour rapporter. On les a sélectionnés pour surveiller et pour prévenir. D'où le tempérament actuel : attaché à un ou deux humains, méfiant avec les visiteurs, prompt à signaler la moindre variation dans l'environnement. Et d'où, aussi, le problème dont personne ne parle avant l'achat. ## La voix, le vrai sujet Un Spitz aboie. Beaucoup, fort, et pour des motifs qui vous paraîtront absurdes : l'ascenseur du troisième, une porte de voiture, un pas dans la cage d'escalier. Ce n'est pas un défaut d'éducation, c'est la fonction pour laquelle la race existe. La question n'est donc pas de faire taire le chien, mais de décider ce qui mérite un signalement et ce qui n'en mérite pas. Un chien laissé seul huit heures dans un studio, sans sortie correcte le matin, aboiera d'autant plus qu'il est privé d'occupation et qu'il entend tout l'immeuble. La configuration se retourne vite en conflit de voisinage. **Le voisinage n'attendra pas six mois** Des aboiements répétés relèvent des bruits de voisinage et peuvent être verbalisés comme contravention de 3e classe, sans qu'il soit besoin de mesurer le niveau sonore : la répétition et la durée suffisent. Une plainte suivie d'un courrier de la mairie arrive bien plus vite qu'on ne le croit. Et si vous criez sur le chien pour le faire taire, il comprend que vous donnez de la voix avec lui. La bonne nouvelle, c'est que ce comportement se travaille mieux que chez la plupart des races : le Spitz apprend vite, il aime les exercices et il lit remarquablement bien les signaux humains. Commencez le jour de l'arrivée, pas le jour de la première plainte. ## Travailler l'aboiement au lieu de le subir - **Apprenez le « stop »** en deux temps : laissez-le aboyer deux fois, dites le mot une seule fois, attendez le silence même d'une seconde, récompensez dans ce silence. Récompenser pendant l'aboiement renforce l'aboiement. - Supprimez le déclencheur quand c'est possible : un film occultant sur la vitre du bas, un couchage éloigné de la porte d'entrée, un fond sonore doux qui masque les bruits de palier. - Entraînez la sonnette à froid, dix fois de suite, jusqu'à ce qu'elle n'annonce plus rien d'intéressant. - Fatiguez la tête : deux séances quotidiennes de cinq minutes de tours et d'obéissance, un tapis de fouille, des croquettes cachées dans l'appartement avant votre départ. - Bannissez les colliers anti-aboiements, électriques ou à spray. Ils suppriment le symptôme en installant de l'anxiété, et un Spitz anxieux aboie davantage dès qu'on retire l'appareil. **Ce qui marche en appartement** Deux vraies sorties par jour, dont une de 45 minutes avec du reniflage libre. Un poste d'observation en hauteur près de la fenêtre, qui canalise la surveillance au lieu de la frustrer. Des consignes identiques pour tout le foyer. Et un chien laissé seul progressivement, par tranches de dix minutes puis d'une heure, dès les premiers jours. ## Le pelage : une seule interdiction, mais elle est ferme Ne tondez jamais un Spitz. Son double pelage isole du chaud comme du froid, et la tonte expose à une alopécie post-tonte : le poil de couverture repousse mal, parfois jamais, laissant un duvet terne. Les toiletteurs sérieux refusent d'ailleurs la demande. Ce qui se fait, en revanche, c'est un rafraîchissement des pieds, du contour de l'anus et des franges des pattes arrière. - **Brossage** deux à trois fois par semaine, quotidien pendant les deux mues annuelles, avec une brosse qui atteint le sous-poil et non seulement la surface. - Bains espacés, trois à quatre par an suffisent, suivis d'un séchage complet : un sous-poil laissé humide macère et provoque des points chauds. - Surveillez la peau derrière les cuisses et sur le dos, là où l'alopécie X se déclare en premier. ## Santé : ce qui se surveille, variété par variété Le Spitz vit longtemps, de 12 à 16 ans, avec une constitution solide pour un chien de ce format. Les points de vigilance diffèrent selon la taille. - **Luxation de la rotule**, très fréquente chez le nain et le petit : un chien qui saute une foulée sur trois pattes puis repart normalement doit être examiné. - **Collapsus trachéal** chez les petits formats, d'où l'intérêt du harnais plutôt que du collier. Une toux sèche en quinte, dite « en cri d'oie », est le signe à rapporter au vétérinaire. - **Malformations cardiaques** congénitales, dont la persistance du canal artériel, dépistées à l'auscultation des premières visites. - **Alopécie X**, perte de poils symétrique sans démangeaison, qui mérite un bilan hormonal complet plutôt qu'un traitement pris au hasard sur un forum. - **Tartre et déchaussement** précoces sur des mâchoires miniatures, à prévenir par un brossage dentaire régulier. Aucun de ces points ne se règle à la maison, et les dosages pour un chien de 2 kg n'ont rien à voir avec ceux d'un chien de 20. Les traitements, y compris les antiparasitaires, se choisissent avec le vétérinaire sur la base du poids réel. **Les premiers mois comptent double** Adoption à 8 semaines au plus tôt, fenêtre de socialisation ouverte jusqu'à environ 16 semaines : c'est là que se joue la tolérance aux bruits, aux inconnus et aux autres chiens. Le pelage adulte, lui, ne s'installe qu'entre 10 et 18 mois, après une phase ingrate où le chiot ressemble à une brosse à dents usagée. Ne jugez pas la fourrure avant deux ans. Un Spitz bien choisi et occupé est un compagnon gai, démonstratif, franchement intelligent, qui apprend un tour en trois séances et vous suit de pièce en pièce. Mal choisi, trop petit pour le mode de vie ou laissé seul sans travail sur la voix, il devient le chien dont tout l'immeuble parle. La différence se joue dans les six premiers mois. [Voir la vidéo sur YouTube](https://www.youtube.com/watch?v=S6S9DgehRM0)