--- title: "Le chat American Bobtail : apparence, caractère, histoire, santé et alimentation" url: https://www.dicoanimaux.com/le-chat-american-bobtail-apparence-caractere-histoire-sante-et-alimentation.html author: "Dico Animaux" date_published: 2024-01-17T18:30:45+01:00 date_modified: 2026-09-14T13:50:03+02:00 categories: ["Actus", "Races chats"] tags: ["American Bobtail"] image: https://www.dicoanimaux.com/wp-content/uploads/2024/01/race-chat-american-bobtail.webp description: "La queue courte de l'American Bobtail n'est pas un détail esthétique : c'est une mutation dominante, et elle explique à la fois pourquoi la race existe, pourquoi..." site: "Dico Animaux" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Le chat American Bobtail : apparence, caractère, histoire, santé et alimentation La queue courte de l'American Bobtail n'est pas un détail esthétique : c'est **une mutation dominante**, et elle explique à la fois pourquoi la race existe, pourquoi elle reste rare en France, et pourquoi certains croisements sont interdits par le standard. Il circule beaucoup d'approximations sur ce chat. Non, il ne descend pas d'un lynx. Non, sa queue n'a rien à voir avec celle du Japonais Bobtail ni avec celle du Manx, même si les trois se ressemblent de loin. Reprenons l'affaire dans l'ordre, avec ce qu'un futur adoptant a besoin de savoir avant de chercher un éleveur. ## Une race née d'un chat trouvé en Arizona L'histoire commence à la fin des années 1960. John et Brenda Sanders, en vacances dans le sud-ouest des États-Unis, ramassent près d'une réserve amérindienne d'Arizona un jeune mâle brown tabby à la queue tronquée. Ils l'appellent Yodi, le ramènent chez eux dans l'Iowa et le laissent s'accoupler avec leur chatte siamoise à queue normale, Mishi. **Une partie des chatons naît avec la queue courte** : le caractère se transmet donc de façon dominante. Le programme de sélection démarre réellement dans les années 1970, repris par plusieurs éleveurs qui élargissent la base génétique avec des chats domestiques sans pedigree, précisément pour éviter la consanguinité. La TICA reconnaît la race en 1989 et lui accorde le statut de championnat en 2002 ; la CFA suit en 2000. **Le standard interdit aujourd'hui les croisements avec le Manx et le Japanese Bobtail**, dont les mutations de queue sont différentes et se combinent mal. **La légende du lynx, mise au point** Aucune preuve génétique ne rattache l'American Bobtail à un félin sauvage. L'allure de lynx (queue en pompon, oreilles parfois surmontées d'un petit plumet, arrière-train haut) est le produit d'une sélection sur des chats domestiques. Le mythe du croisement sauvage a été construit après coup, il aide à vendre des chatons. ## Ce qu'on voit vraiment quand on regarde un American Bobtail C'est un chat lourd : 4 à 7 kg pour une femelle, jusqu'à 9 kg pour un gros mâle, avec une ossature épaisse et une poitrine large. Il met du temps à finir sa croissance, souvent deux à trois ans, ce qui surprend les adoptants habitués à voir un chat adulte à un an. La queue mesure en général un tiers à la moitié d'une queue normale, soit 3 à 10 cm, et aucune n'est identique : droite, légèrement courbée, avec un ou deux nœuds. Elle doit être visible au-dessus du dos quand le chat est en alerte. Une queue totalement absente n'est pas conforme au standard. Deux variétés de fourrure coexistent, courte et mi-longue, toutes deux avec un sous-poil dense qui demande un brossage hebdomadaire, deux fois par semaine en période de mue. Toutes les couleurs et tous les motifs sont admis, même si le tabby reste le plus répandu. Les yeux sont larges, un peu enfoncés, surmontés d'une arcade marquée qui donne cette expression de chat qui vous scrute. **Repères chiffrés** Poids adulte 4 à 9 kg selon le sexe. Croissance terminée vers 2 à 3 ans. Longévité couramment citée de 13 à 15 ans. Queue de 3 à 10 cm. En France, la race reste confidentielle : quelques élevages seulement, et il faut souvent compter plusieurs mois d'attente et un déplacement pour trouver un chaton. ## Un caractère de chien, l'expression est à peine exagérée L'American Bobtail vient à la porte quand on rentre. Il suit, il s'installe dans la pièce occupée, il réclame du contact sans être collant au point d'être invivable. Beaucoup apprennent le rapport d'objet et se promènent en harnais sans drame, à condition de commencer jeune et court. C'est aussi un chat émotionnellement attentif, souvent décrit par ses éleveurs comme se calant sur l'humeur de la maison. Des programmes d'accompagnement thérapeutique aux États-Unis l'utilisent pour cette raison. Face aux enfants et aux autres animaux, il encaisse mieux que la moyenne, ce qui ne dispense jamais de surveiller les présentations et de laisser au chat un refuge en hauteur. Le revers : **il déteste la solitude prolongée.** Dix heures d'absence quotidienne sans congénère ni stimulation, et vous obtenez un chat qui grossit, qui miaule et qui abîme. C'est un point à trancher avant l'adoption, pas après. **Trois choses qui marchent vraiment** Un arbre à chat lourd, capable de supporter 8 kg sans tanguer. Des séances de rapport d'objet de cinq minutes, plusieurs fois par jour, parce que ce chat adore rapporter. Et un deuxième animal si vous travaillez à l'extérieur : c'est une race qui vit mal seule. ## Santé : la queue, le poids, et rien d'exotique La mutation qui raccourcit la queue de l'American Bobtail **n'entraîne pas les malformations vertébrales et les troubles neurologiques observés chez le Manx**. C'est le principal argument sanitaire de la race, et il est solide. Les éleveurs restent attentifs à la mobilité des chatons dans les premières semaines, et tout chaton qui traîne l'arrière-train ou qui a des difficultés à éliminer doit être vu par un vétérinaire sans attendre. Le vrai risque, chez un chat de ce gabarit, s'appelle surpoids. Un American Bobtail stérilisé qui mange à volonté grossit vite, et le surpoids installé ouvre sur le diabète, l'arthrose et des cystites à répétition. Le contrôle se fait à la main : côtes palpables sous une fine couche de gras, taille visible vue du dessus, ventre qui ne pend pas. Le reste est de la prévention ordinaire : vaccination selon le protocole établi avec votre vétérinaire, antiparasitaires adaptés au mode de vie, contrôle annuel puis semestriel à partir de 8 ans, et surveillance des gencives. Ne donnez jamais de médicament humain à un chat, quelle que soit la dose : le paracétamol et l'ibuprofène le tuent. ## Nourrir sans faire enfler Une ration mesurée à la balance, pas au verre, et distribuée en trois ou quatre petits repas. La quantité journalière se fixe avec le vétérinaire après la stérilisation, parce que les besoins chutent d'environ un quart à ce moment-là et que la plupart des propriétaires ne rectifient pas. Choisissez un aliment dont les premières lignes de composition nomment une protéine animale identifiable, et prévoyez au moins une partie de la ration en pâtée : un chat qui se nourrit uniquement de croquettes boit rarement assez. Les friandises comptent dans la ration quotidienne, y compris le morceau de fromage du soir. ## Trouver un chaton sans se tromper Un éleveur sérieux vous reçoit chez lui, vous montre la mère avec sa portée, ne cède pas un chaton avant 12 semaines et remet pedigree, identification et certificat vétérinaire de moins de huit jours. Interrogez-le sur la lignée de la queue et sur les croisements pratiqués : la réponse vous dit tout de son sérieux. Une annonce sans pedigree qui promet un American Bobtail à bas prix vend en général un chat de gouttière à queue accidentée.