--- title: "L'ail : un remède naturel contre les vers pour les chats" url: https://www.dicoanimaux.com/lail-un-remede-naturel-contre-les-vers-pour-les-chats.html author: "Dico Animaux" date_published: 2024-07-17T23:02:36+02:00 date_modified: 2026-09-14T13:54:51+02:00 categories: ["Actus"] image: https://www.dicoanimaux.com/wp-content/uploads/2024/07/Lail-un-remede-naturel-contre-les-vers-pour-les-chats-1.webp description: "Réponse sans détour : l'ail ne vermifuge pas le chat, et il l'empoisonne. Il appartient au genre Allium, comme l'oignon, le poireau et la ciboulette, et ses..." site: "Dico Animaux" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # L'ail : un remède naturel contre les vers pour les chats Réponse sans détour : l'ail ne vermifuge pas le chat, et il l'empoisonne. Il appartient au genre Allium, comme l'oignon, le poireau et la ciboulette, et ses composés soufrés détruisent les globules rouges du chat, une espèce nettement plus sensible que le chien. Les recettes maison qui circulent avec une cuillère à café d'ail haché dans la gamelle décrivent une dose toxique, pas un remède. ![Des gousses d'ail posées sur une table, un chat assis à côté qui les observe](https://www.dicoanimaux.com/wp-content/uploads/2024/07/Lail-un-remede-naturel-contre-les-vers-pour-les-chats.webp) Cette page existait auparavant sous une autre forme, présentant l'ail comme un antiparasitaire naturel avec un dosage à suivre. C'était faux et dangereux, et nous l'écrivons franchement plutôt que de laisser le texte en ligne. Voici ce que l'on sait réellement, et ce qui marche à la place. **L'ail est un toxique pour le chat** Tous les Allium sont concernés : ail, oignon, échalote, poireau, ciboulette. La forme déshydratée, poudre ou granulés, est la plus concentrée et donc la plus dangereuse à volume égal. Le chat n'a pas besoin d'en avaler beaucoup pour que ses globules rouges commencent à être détruits, et l'effet est cumulatif quand on en donne un peu tous les jours. ## Ce que l'ail fait dans le sang d'un chat Les Allium contiennent des composés organosulfurés, notamment des thiosulfates et des disulfures, que le chat métabolise mal. Ces molécules oxydent l'hémoglobine à l'intérieur des globules rouges. L'hémoglobine abîmée s'agglomère en petits amas que l'on voit au microscope sur un frottis sanguin, les corps de Heinz. L'organisme reconnaît alors ces globules comme défectueux et les élimine. C'est une anémie hémolytique. Deux raisons rendent le chat plus vulnérable que le chien. Son hémoglobine compte davantage de groupements sensibles à l'oxydation, et ses capacités de détoxification hépatique sont plus limitées, comme pour le paracétamol, autre poison félin bien connu. À quantité égale, l'ail est aussi bien plus concentré en composés actifs que l'oignon. ## Les signes, et le délai qui trompe tout le monde Le piège de cette intoxication, c'est qu'il ne se passe rien tout de suite. Un chat peut avaler de l'ail un lundi et n'avoir l'air malade que le mercredi ou le jeudi, le temps que l'anémie s'installe. Beaucoup de propriétaires ne font alors pas le lien avec la gamelle. Ce qui doit alerter : un chat abattu qui ne joue plus et dort anormalement, des gencives pâles au lieu de roses, parfois jaunâtres, une respiration rapide, des urines foncées, orangées ou brunes, une perte d'appétit, des vomissements ou de la diarrhée dans les heures suivant l'ingestion. Un chat qui halète au repos est toujours anormal. **Que faire si votre chat a mangé de l'ail** Appelez votre vétérinaire ou un centre antipoison vétérinaire sans attendre l'apparition de symptômes, en précisant la forme (gousse crue, plat cuisiné, poudre) et la quantité approximative. Ne faites jamais vomir un chat vous-même, avec du sel ou quoi que ce soit d'autre. Ne donnez aucun médicament humain. C'est le vétérinaire qui décide de ce qui doit être fait et quand. Un point qui surprend souvent : le danger ne vient pas seulement des gousses. Un reste de sauce tomate, un bouillon, un morceau de poulet rôti frotté à l'ail, un pot de nourriture pour bébé assaisonné oignon, une croquette artisanale relevée. Les plats cuisinés sont la source d'exposition la plus fréquente, parce qu'on ne pense pas à l'ail en donnant un bout de sa propre assiette. ## Et l'argument antiparasitaire, il vient d'où ? Il vient du monde de l'herboristerie humaine, où l'ail est étudié depuis longtemps pour des effets antibactériens et cardiovasculaires in vitro. Le saut logique consiste à supposer que ce qui gêne une bactérie en boîte de Petri va tuer un ténia dans un intestin de chat. Rien ne l'établit. Aucune étude sérieuse ne montre qu'un chat recevant de l'ail élimine ses vers. En revanche, les cas cliniques d'intoxication aux Allium chez le chat sont documentés depuis des décennies dans la littérature vétérinaire. D'un côté une hypothèse, de l'autre des observations. Le calcul ne tient pas. **Ce qui vermifuge réellement un chat** Des molécules vétérinaires prescrites selon les vers visés et le poids exact de l'animal : praziquantel pour les vers plats, fenbendazole, pyrantel ou milbémycine pour les vers ronds, souvent combinés. Comprimés, pâte orale ou pipette à appliquer sur la peau du cou selon ce que votre chat accepte. Elles se choisissent avec le vétérinaire, jamais au flair. ## Le rythme de vermifugation qui a du sens Un chat strictement d'intérieur qui ne chasse pas est peu exposé, et deux traitements par an couvrent la plupart des situations. Un chat qui sort, chasse les souris ou attrape des puces se vermifuge plus souvent, en pratique environ tous les trois mois. Les chatons sont un cas à part : ils peuvent être infestés par leur mère et sont traités beaucoup plus fréquemment pendant leurs premiers mois, selon un calendrier que le vétérinaire pose à la première visite. Une précision qui fait gagner du temps à beaucoup de propriétaires : chez le chat, le ténia le plus courant, Dipylidium caninum, se transmet par les puces avalées pendant la toilette. Vermifuger sans traiter les puces revient à vider une baignoire sans fermer le robinet. Les deux vont ensemble. ## Surveiller sans paniquer Les infestations sont souvent discrètes. Ce qui se voit à l'œil nu : des petits grains blancs mobiles, ressemblant à des grains de riz, autour de l'anus ou sur le couchage, un ventre gonflé chez un chaton par ailleurs maigre, un poil terne, des selles molles à répétition, un chat qui mange bien mais ne prend pas de poids. En cas de doute, une analyse de selles tranche mieux qu'un traitement lancé au hasard. ## Si vous tenez aux approches naturelles L'envie d'éviter les molécules de synthèse est légitime, et personne ne devrait être culpabilisé pour ça. Mais naturel ne veut pas dire inoffensif : l'ail en est justement la démonstration, au même titre que le lys, qui provoque une insuffisance rénale mortelle chez le chat en quelques bouchées de feuille ou de pollen. Ce que vous pouvez faire sans risque relève de l'hygiène plutôt que du remède : bac à litière nettoyé quotidiennement, lutte anti-puces suivie toute l'année, couchages lavés, limitation de l'accès aux rongeurs, et une coproscopie régulière pour ne traiter que quand c'est justifié. C'est moins spectaculaire qu'une gousse d'ail dans la gamelle. C'est surtout la seule des deux options qui ne risque pas de tuer votre chat.