--- title: "La culture et les traditions des Norvégiens" url: https://www.dicoanimaux.com/la-culture-et-les-traditions-des-norvegiens.html author: "Dico Animaux" date_published: 2024-12-06T20:42:02+01:00 date_modified: 2026-09-11T09:55:50+02:00 categories: ["Actus"] image: https://www.dicoanimaux.com/wp-content/uploads/2024/12/La-culture-et-les-traditions-des-Norvegiens-1.png description: "En Norvège, presque toutes les traditions passent par un animal: le lutin de Noël vit à l'étable et veille sur les bêtes, l'élan structure le calendrier de..." site: "Dico Animaux" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # La culture et les traditions des Norvégiens En Norvège, presque toutes les traditions passent par un animal: le lutin de Noël vit à l'étable et veille sur les bêtes, l'élan structure le calendrier de l'automne, le renne fait vivre une culture entière au nord du cercle polaire. Regarder la culture norvégienne par ce bout là en dit plus long que la liste habituelle des fjords et des costumes brodés. ## Le fjøsnisse, un lutin qui garde les vaches ![Ferme norvégienne en bois rouge au bord d'un fjord, moutons dans le pré](https://www.dicoanimaux.com/wp-content/uploads/2024/12/La-culture-et-les-traditions-des-Norvegiens.png) Le personnage que les enfants norvégiens attendent le 24 décembre s'appelle le julenisse, et il descend d'une figure bien plus ancienne: le fjøsnisse, le lutin de l'étable. Ce n'est pas un père Noël. C'est un petit vieux barbu, susceptible, qui habite la grange et surveille le bétail. Bien traité, il soigne les vaches, empêche les chevaux de s'emballer et protège la ferme. Vexé, il fait tourner le lait et emmêle les crinières pendant la nuit. D'où la coutume, encore vivante dans beaucoup de fermes, de poser le soir de Noël un bol de rømmegrøt, une bouillie à la crème aigre, dans l'étable ou sur le pas de la porte. Ne pas le faire portait malheur au troupeau. Ce détail dit à quel point la survie d'une ferme norvégienne dépendait de ses animaux: dans un pays où la terre arable représente à peine 3 % du territoire, on vivait des bêtes et de la mer, pas des champs. **Le calendrier agricole norvégien, en trois dates** Fin mai ou début juin: la buføring, la montée des troupeaux vers les alpages d'altitude, les seter. Fin août ou septembre: la descente, souvent doublée d'une fête. 23 juin au soir: sankthansaften, la Saint Jean, avec ses feux de joie sur les plages et au bord des fjords. C'est bien ce nom là, ou jonsok, qu'emploient les Norvégiens, pas le terme suédois de midsommar. La buføring n'a pas disparu. Quelques centaines de seter fonctionnent encore en Norvège, surtout dans le Gudbrandsdalen et le Valdres, où l'on fabrique toujours le brunost, ce fromage brun caramélisé au lactosérum de chèvre que les Norvégiens mangent en fines lamelles au petit déjeuner. Le fromage le plus typé, le Gudbrandsdalsost, vient directement de cette pratique. ## Trois races de chiens que la Norvège a façonnées Un pays se lit aussi dans les chiens qu'il a fabriqués. La Norvège en a produit plusieurs, tous nés d'un besoin de travail très concret. Le Norsk Elghund gris, le chien d'élan norvégien, est le chien national. Trapu, à queue enroulée, il traque l'élan sans l'attaquer: il le tient à distance en aboyant jusqu'à l'arrivée du chasseur. Des ossements de chiens de ce type ont été retrouvés sur des sites vieux de plusieurs milliers d'années. La chasse à l'élan reste un rendez vous social majeur en septembre et octobre, avec environ 30 000 animaux prélevés par an, gibier qui se retrouve ensuite dans les congélateurs familiaux sous forme de boulettes et de rôtis. Le Norsk Lundehund, ou chien de macareux, est plus étrange encore. Élevé sur l'île de Værøy, dans les Lofoten, pour aller extraire les macareux de leurs terriers dans les falaises, il possède six doigts fonctionnels à chaque patte, des épaules assez souples pour écarter les antérieurs à l'horizontale, et une nuque capable de replier la tête vers le dos. La race a frôlé l'extinction deux fois au milieu du XXe siècle, une première fois à cause de la maladie de Carré: tous les Lundehund vivants descendent d'une poignée de survivants, ce qui pose aujourd'hui de sérieux problèmes de consanguinité. **Le chat des forêts norvégiennes, en chiffres** Le Norsk skogkatt est officiellement reconnu comme race en 1977 et devient chat national de Norvège. Un mâle adulte pèse 6 à 9 kg, contre 4 à 5 pour un chat européen, et n'atteint sa taille définitive qu'à 4 ou 5 ans. Sa fourrure comporte une sous couche laineuse et un poil de couverture huileux qui repousse la neige fondue. Il est prédisposé à la cardiomyopathie hypertrophique et à une maladie du stockage du glycogène, toutes deux dépistables par test génétique chez les reproducteurs. Le Norsk Buhund complète la série: un spitz de berger, plus léger, qui rassemblait les moutons dans les fermes de l'ouest. Deux de ces chiens ont été retrouvés dans la sépulture viking de Gokstad, enterrés avec leur maître vers 900. ## Le renne, la neige et le peuple sámi Au nord, dans le Finnmark et le Troms, l'élevage du renne n'est pas un folklore mais un métier, juridiquement réservé en Norvège aux personnes d'origine sámi. Environ 200 000 rennes semi domestiques parcourent le pays, conduits chaque printemps vers les pâturages côtiers puis ramenés à l'intérieur des terres en automne, sur des itinéraires qui peuvent dépasser 200 kilomètres. Le vocabulaire sámi compte des centaines de termes pour décrire un renne selon sa couleur, la forme de ses bois, son âge et son comportement, et autant pour décrire les états de la neige. Ce n'est pas une curiosité linguistique: c'est un outil de travail, comme le sont les marques d'oreille gravées qui identifient le propriétaire de chaque bête. Le 6 février, journée nationale sámi, est férié dans les administrations du nord et donne lieu à des courses de rennes attelés à Kautokeino et Karasjok. **Allemannsretten, le droit d'aller partout** Inscrit dans la loi sur le plein air de 1957, le droit d'accès à la nature autorise chacun à marcher, camper et cueillir sur les terrains non cultivés de Norvège, y compris privés. Il impose en retour de tenir son chien en laisse du 1er avril au 20 août, période de mise bas des animaux sauvages et de nidification. Cette laisse obligatoire, la bandtvang, est contrôlée et verbalisée. Ce rapport à la nature porte un nom, friluftsliv, littéralement la vie au grand air. Le terme est attribué au dramaturge Henrik Ibsen, qui l'emploie dans un poème de 1859. Il décrit moins un sport qu'une habitude: sortir par tous les temps, sans équipement particulier, y compris en février. Les crèches norvégiennes font dormir les nourrissons dehors, dans leur poussette, jusqu'à des températures négatives. ## Ce qu'il y a vraiment dans l'assiette La cuisine norvégienne se raconte souvent par ses plats les plus rudes, ce qui donne une image fausse. Le rakfisk est une truite salée puis fermentée plusieurs mois en saumure, mangée crue en fines tranches à l'automne, et c'est un mets de fête, pas un ordinaire. Le lutefisk n'est pas simplement du poisson séché: c'est de la morue séchée réhydratée dans une solution de soude, rincée longuement, puis cuite jusqu'à devenir gélatineuse. On en consomme surtout entre novembre et Noël. Le quotidien ressemble davantage à du saumon, du cabillaud, des boulettes de viande, des pommes de terre et du pain complet. La Norvège produit environ 1,5 million de tonnes de saumon d'élevage par an, ce qui en fait le premier exportateur mondial et alimente au passage un débat interne très vif sur les poux de mer, les évasions de poissons et leur effet sur les populations sauvages de saumon atlantique. Quant au 17 mai, la fête nationale, elle mérite sa réputation. Pas de défilé militaire mais des cortèges d'enfants, les barnetog, dans chaque commune, des fanfares scolaires, et les bunad sortis des armoires: ces costumes régionaux brodés à la main coûtent souvent plus de 3 000 euros et se transmettent d'une génération à l'autre. Le jour se termine par des hot dogs et de la glace, en quantités qui feraient hésiter n'importe quel diététicien.