--- title: "Guide pratique pour traiter les troubles des glandes anales chez votre chien" url: https://www.dicoanimaux.com/guide-pratique-pour-traiter-les-troubles-des-glandes-anales-chez-votre-chien.html author: "Dico Animaux" date_published: 2024-11-19T23:30:57+01:00 date_modified: 2026-09-14T18:39:45+02:00 categories: ["Actus"] image: https://www.dicoanimaux.com/wp-content/uploads/2024/11/Guide-pratique-pour-traiter-les-troubles-des-glandes-anales-chez-votre-chien-1.webp description: "Un chien qui se traîne l'arrière-train sur le tapis, qui se retourne brusquement vers sa queue ou qui laisse une odeur de poisson sur le canapé signale presque..." site: "Dico Animaux" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Guide pratique pour traiter les troubles des glandes anales chez votre chien Un chien qui se traîne l'arrière-train sur le tapis, qui se retourne brusquement vers sa queue ou qui laisse une odeur de poisson sur le canapé signale presque toujours la même chose : ses sacs anaux ne se vident plus. Le geste qui soulage existe, il prend deux minutes chez le vétérinaire, et il vaut mieux savoir à quel moment on cesse de bricoler à la maison. ## Deux petites poches, un liquide qui doit sortir tout seul ![Chien couché sur le flanc pendant un examen de la zone anale par un vétérinaire](https://www.dicoanimaux.com/wp-content/uploads/2024/11/Guide-pratique-pour-traiter-les-troubles-des-glandes-anales-chez-votre-chien.webp) On parle de glandes anales par habitude, mais le terme exact est **sacs anaux** : deux réservoirs de la taille d'un petit pois à d'un grain de raisin, logés à 4 heures et 8 heures autour de l'anus si on imagine un cadran d'horloge. Ils contiennent un liquide brunâtre dont l'odeur est propre à chaque individu, une sorte de carte d'identité olfactive que les chiens échangent en se reniflant l'arrière-train. La vidange est purement mécanique : une selle ferme, en passant, comprime les sacs contre le sphincter et chasse leur contenu. Le jour où les selles deviennent molles pendant plusieurs semaines, la pression ne se fait plus, le liquide s'épaissit, et la poche se bouche. **Une histoire de consistance des selles** Neuf problèmes de sacs anaux sur dix commencent par des selles trop molles, pas par un défaut anatomique. Un chien qui a la diarrhée une semaine sur deux finira par présenter des sacs engorgés. Régler le transit règle souvent le reste. ## Ce qui prédispose un chien plus qu'un autre Les petits formats paient le tribut le plus lourd. Caniches, bichons, chihuahuas, teckels et cockers consultent bien plus souvent que les bergers ou les labradors : conduits plus étroits, musculature périnéale moins puissante. Le **surpoids** compte aussi, la graisse autour de l'anus gênant la compression au moment de la défécation. Une allergie alimentaire ou une dermatite atopique entretient le cercle vicieux : démangeaisons de l'arrière-train, inflammation locale, canaux excréteurs qui se rétrécissent. Une ration pauvre en fibres donne des selles sans volume, un chien sédentaire digère plus lentement, et une inflammation ancienne laisse parfois du tissu cicatriciel qui bouche durablement le conduit. ## Les signes, par ordre de gravité Le premier stade est le simple **engorgement**. Le chien se lèche la base de la queue, se frotte les fesses au sol, tourne sur lui-même, et une odeur métallique ou marine flotte là où il s'est assis. Il mange normalement, il ne fait pas de fièvre. À ce stade, une vidange manuelle chez le vétérinaire ou un technicien réglera la question en quelques minutes. Le deuxième stade est l'inflammation, ou sacculite : le chien crie ou se raidit quand il défèque, refuse qu'on lui touche l'arrière du corps, gronde alors qu'il n'a jamais grondé. La zone est chaude au toucher. Le troisième stade est l'**abcès**. Une boule rouge violacé apparaît à côté de l'anus, parfois grosse comme une noix, et elle peut percer à la peau en laissant s'écouler du pus mêlé de sang. Le chien est abattu, il a de la fièvre. Là, il n'y a rien à tenter à la maison : c'est une consultation dans la journée, avec lavage, antibiotiques et antidouleur prescrits par le vétérinaire. **Ce qui doit faire consulter sans attendre** Une masse dure ou rouge à côté de l'anus, une plaie qui suinte, un chien qui a de la fièvre ou qui refuse de s'asseoir : ce sont des signes d'abcès. Une poche infectée qui perce fait très mal et s'infecte plus profondément si on laisse passer le week-end. ## Les remèdes de grand-mère ne vident pas un sac anal Beaucoup de pages recommandent l'Aconit, l'Arnica, la Silice ou l'Hepar sulphuris. Aucune de ces préparations homéopathiques n'a démontré d'effet sur une poche bouchée ou sur un abcès, et le temps passé à les essayer est du temps pendant lequel l'infection progresse. Même remarque pour les compresses froides que l'on lit parfois : sur une zone inflammée, ce sont des compresses tièdes, jamais brûlantes, quelques minutes deux à trois fois par jour, et seulement en complément de ce que le vétérinaire a prescrit. La vidange manuelle faite soi-même, elle, n'est envisageable que si un professionnel vous l'a montrée : mal exécutée, elle traumatise le conduit et fabrique la cicatrice qu'on voulait éviter. ## Ce qui espace vraiment les récidives L'objectif n'est pas de vider les sacs tous les mois, c'est de rendre la vidange spontanée à nouveau possible, donc d'obtenir des selles plus volumineuses : ration adaptée, éventuellement enrichie en fibres (pulpe de betterave, psyllium, un peu de potiron cuit), sur les conseils du vétérinaire qui vérifiera d'abord l'hypothèse allergique. Le poids fait le reste : un chien qui perd deux kilos sur douze retrouve souvent un fonctionnement normal sans autre intervention. Ajoutez de la marche quotidienne, qui accélère le transit, et surveillez la fréquence des rendez-vous. **Le bon rythme** Un chien sain ne devrait jamais avoir besoin qu'on lui vide les sacs anaux. Deux passages par an sont acceptables chez un sujet prédisposé. Au delà de quatre par an, on cherche la cause : transit, allergie, poids. ## Et l'ablation chirurgicale ? La sacculectomie existe, mais elle reste le dernier recours, après des mois d'échecs répétés ou en cas de tumeur. La raison de cette prudence n'est pas sentimentale : les sacs sont enchâssés dans les muscles du sphincter, et une chirurgie qui les abîme expose à une incontinence fécale définitive. Cette décision se prend avec un chirurgien, dossier en main. ## Une question qui revient souvent **Mon chien se traîne le derrière au sol, est-ce forcément les glandes anales ?** C'est la cause la plus fréquente, mais des vers, une irritation cutanée ou des poils collés par des selles donnent exactement le même comportement. Regardez avant de conclure, et faites regarder si le geste se répète plusieurs jours.