--- title: "Exploration des icônes de la faune canadienne" url: https://www.dicoanimaux.com/exploration-des-icones-de-la-faune-canadienne.html author: "Dico Animaux" date_published: 2024-06-08T08:32:28+02:00 date_modified: 2026-09-14T13:52:48+02:00 categories: ["Actus"] image: https://www.dicoanimaux.com/wp-content/uploads/2024/06/Exploration-des-icones-de-la-faune-canadienne-1.webp description: "Observer un ours polaire ou un troupeau de wapitis au Canada tient moins à la chance qu'au calendrier et à la distance que l'on accepte de garder. Chaque espèce..." site: "Dico Animaux" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Exploration des icônes de la faune canadienne Observer un ours polaire ou un troupeau de wapitis au Canada tient moins à la chance qu'au calendrier et à la distance que l'on accepte de garder. Chaque espèce emblématique du pays a sa saison, sa région, et une règle d'approche qui ne se négocie pas avec un téléobjectif. ## Ours polaire : Churchill, six semaines par an ![Exploration des icônes de la faune canadienne](https://www.dicoanimaux.com/wp-content/uploads/2024/06/Exploration-des-icones-de-la-faune-canadienne.webp) Le Canada abrite près des deux tiers des ours polaires de la planète, un effectif que les estimations situent autour de 15 000 animaux répartis sur plusieurs sous populations, du Nunavut au Labrador. L'espèce chasse le phoque annelé depuis la banquise et passe des heures immobile devant un trou de respiration. Son odorat fait le reste : il repère une proie à près d'un kilomètre, parfois sous un mètre de neige. Churchill, au Manitoba, doit sa réputation à un accident de géographie. Les ours y patientent à l'automne, le long de la baie d'Hudson, en attendant que la glace reprenne. La fenêtre d'observation est courte : d'octobre à la mi novembre, avant le gel complet qui les renvoie au large. Le reste de l'année, la ville de 900 habitants retrouve son calme et les ours leur banquise. **La bonne fenêtre pour chaque espèce** Ours polaire à Churchill : octobre à la mi novembre. Brame du wapiti : de la mi septembre à la mi octobre. Orques résidentes au large de l'île de Vancouver : juin à septembre. Orignal : au crépuscule, toute l'année, mais surtout près des points d'eau en été. Un détail que les brochures oublient : à Churchill, l'observation se fait depuis des véhicules surélevés, pas à pied. La ville gère aussi une prison à ours, où les individus trop curieux sont gardés quelques jours avant d'être relâchés loin des habitations. C'est moins pittoresque qu'une carte postale, mais c'est ce qui permet à 900 personnes de cohabiter avec des prédateurs de 500 kg. ## L'orignal, le géant qu'on croise sur la route L'orignal est le plus grand cervidé vivant. Un mâle adulte dépasse deux mètres au garrot, soit plus qu'un cheval de selle, et peut peser 600 kg. Il traverse les tourbières, grimpe les pentes, et plonge la tête sous l'eau pour arracher des plantes aquatiques au fond des lacs. La rencontre la plus fréquente, pour un voyageur, se fait malheureusement au volant. Les collisions avec un orignal sont particulièrement graves parce que la masse de l'animal se situe au niveau du pare brise, pas du capot. Terre Neuve et le Nouveau Brunswick affichent des panneaux d'avertissement sur des dizaines de kilomètres pour cette raison. Rouler de nuit dans ces provinces demande de lever le pied, vraiment. ## Le brame du wapiti, à entendre avant de le voir Le wapiti se signale d'abord à l'oreille. Son cri de rut, un sifflement montant qui finit en grognement, porte à plus d'un kilomètre dans une vallée calme. La saison court de la mi septembre à la mi octobre, et c'est précisément la période où il faut le moins s'approcher : un mâle en rut charge sans prévenir, et les parcs des Rocheuses, Banff et Jasper en tête, recensent chaque année des blessés parmi les visiteurs. **Les distances ne sont pas des suggestions** Parcs Canada demande 30 mètres minimum pour un wapiti ou un orignal, et 100 mètres pour un ours. Sur l'eau, la réglementation fédérale impose 200 mètres des épaulards en Colombie Britannique, et 400 mètres dans l'habitat des résidentes du sud. Un kayak qui s'approche plus n'est pas une expérience, c'est une infraction. Les femelles mettent bas entre mai et juillet. Le faon reste tapi dans les sous bois pendant plusieurs semaines, immobile, et sa mère le surveille de loin. Un jeune wapiti seul n'est donc presque jamais abandonné. Le ramasser, c'est le condamner. ## Orques : ce que le kayak permet vraiment Les eaux du détroit de Johnstone et du sud de l'île de Vancouver comptent parmi les meilleurs postes d'observation des épaulards au monde. L'animal atteint 9 mètres pour les plus grands mâles et plusieurs tonnes, avec une nageoire dorsale qui monte à 1,80 mètre. Il vit en pods, des groupes familiaux matrilinéaires qui peuvent réunir quelques dizaines d'individus et qui se transmettent des dialectes sonores distincts. Le kayak guidé fonctionne, mais pas pour la raison qu'on vend. On ne s'approche pas : on se laisse dépasser. Le pagayeur s'arrête, rentre les pales, et attend que le groupe passe à distance réglementaire. Les opérateurs sérieux le disent dès le briefing. Ceux qui promettent une rencontre rapprochée sont à éviter, pour les orques comme pour vous. **Ce qui marche sur le terrain** Jumelles 8x42 plutôt qu'un téléobjectif encombrant, vêtements sombres, et surtout du temps : deux ou trois sorties valent mieux qu'une seule journée calée au mauvais moment. Les guides locaux connaissent les déplacements de la semaine, une information qu'aucun site ne donne à l'avance. ## Pour prolonger Les populations d'ours polaires du sud de la baie d'Hudson reculent depuis les années 1990, à mesure que la période de banquise raccourcit. C'est le vrai sujet derrière l'image de carte postale, et c'est aussi pour cela que les quotas d'observation à Churchill sont encadrés. Pour suivre ces espèces en dehors des saisons de voyage, des titres spécialisés comme [Le Monde des Animaux & de la Nature](https://www.lemondedesanimaux-magazine.fr/) publient régulièrement des dossiers de terrain sur la faune nord américaine.