--- title: "De plus en plus de cancers diagnostiqués chez les chiens : 'C'est surtout parce que nos animaux vivent de plus en plus longtemps ?" url: https://www.dicoanimaux.com/de-plus-en-plus-de-cancers-diagnostiques-chez-les-chiens-cest-surtout-parce-que-nos-animaux-vivent-de-plus-en-plus-longtemps.html author: "Dico Animaux" date_published: 2024-06-02T02:03:05+02:00 date_modified: 2026-09-14T13:52:25+02:00 categories: ["Chat"] image: https://www.dicoanimaux.com/wp-content/uploads/2024/06/De-plus-en-plus-de-cancers-diagnostiques-chez-les-chiens-Cest-surtout-parce-que-nos-animaux-vivent-de-plus-en-plus-longtemps-1-1.webp description: "Un chien sur quatre à un sur trois développera une tumeur au cours de sa vie, bénigne ou maligne, selon le réseau de cliniques AniCura. Le chiffre inquiète, mais il..." site: "Dico Animaux" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # De plus en plus de cancers diagnostiqués chez les chiens : 'C'est surtout parce que nos animaux vivent de plus en plus longtemps ? Un chien sur quatre à un sur trois développera une tumeur au cours de sa vie, bénigne ou maligne, selon le réseau de cliniques AniCura. Le chiffre inquiète, mais il dit surtout que nos chiens atteignent désormais l'âge où le cancer arrive. ## Compter des diagnostics, ce n'est pas compter des cancers ![Chien examiné sur la table de consultation d'une clinique vétérinaire](https://www.dicoanimaux.com/wp-content/uploads/2024/06/De-plus-en-plus-de-cancers-diagnostiques-chez-les-chiens-Cest-surtout-parce-que-nos-animaux-vivent-de-plus-en-plus-longtemps-.webp) La distinction paraît technique, elle est au centre du débat. Quand des vétérinaires belges alertaient, en 2024, sur la hausse des cancers diagnostiqués chez le chien, ils décrivaient une réalité de salle de consultation : davantage de cas identifiés, nommés, documentés. Cela ne prouve pas mécaniquement que la maladie frappe plus souvent qu'il y a trente ans. Trois phénomènes se superposent. Les chiens vivent plus longtemps, et le cancer est avant tout une maladie de l'âge. Les moyens de le reconnaître se sont banalisés dans des cliniques de quartier. Et les propriétaires consultent pour des motifs qui, autrefois, ne faisaient pas franchir la porte : une boule sous la peau, une fatigue inhabituelle, une perte d'appétit qui dure. Une masse qu'on aurait laissée vieillir sur un chien de dix ans en 1995 part aujourd'hui en cytoponction, puis au laboratoire, et rentre dans les statistiques. **La réponse honnête à la question du titre** Oui, la longévité explique la plus grosse part de la hausse. Elle ne l'explique pas entièrement : la généralisation de l'échographie, du scanner et de la biopsie fait apparaître des cas qui existaient déjà mais n'étaient pas nommés. ## Ce que la médecine vétérinaire sait faire depuis vingt ans Radiologie numérique, échographie, cytologie, analyse histologique envoyée à un laboratoire spécialisé : ces outils étaient réservés aux structures universitaires, ils équipent aujourd'hui beaucoup de cliniques de proximité. Une vétérinaire de Namur relevait ainsi que les biopsies et les envois d'échantillons se sont multipliés, ce qui alimente directement la courbe des diagnostics. Le soin a suivi. La Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Liège a ouvert un accès à la radiothérapie pour les animaux de compagnie, présenté à l'époque comme une première en Belgique. Des équipes travaillent aussi sur des tests sanguins repérant des marqueurs tumoraux à un stade précoce : c'est une piste de recherche, pas encore un examen de routine. ## L'environnement et la race : ce qui est documenté, ce qui ne l'est pas Annick Hamaide, professeure d'oncologie chirurgicale, rappelait que les chiens vivant en milieu urbain, exposés aux gaz d'échappement, présentent davantage de tumeurs pulmonaires, et que l'exposition à certains insecticides a été associée à des tumeurs de la vessie. Ces liens sont établis, avec la prudence habituelle : il s'agit d'associations statistiques, pas d'une cause unique identifiée pour un chien donné. Côté génétique, un point mérite d'être corrigé, car il circule souvent de travers. Le Bouvier bernois est surtout prédisposé au sarcome histiocytaire, une forme agressive qui touche fréquemment les poumons, la rate et les articulations, et qui explique en grande partie l'espérance de vie courte de la race, souvent autour de sept à huit ans. L'hémangiosarcome de la rate, lui, concerne davantage le Berger allemand, le Golden retriever et le Labrador. Quant au Boxer, sa vulnérabilité n'est pas générale : il est particulièrement exposé aux mastocytomes cutanés et aux lymphomes. Le Flat-coated retriever, le Rottweiler et le Lévrier irlandais figurent aussi parmi les races surveillées, chacun pour des tumeurs différentes. **Chaque race a son cancer, pas « le » cancer** Sarcome histiocytaire chez le Bouvier bernois, mastocytome et lymphome chez le Boxer, hémangiosarcome splénique chez le Berger allemand et le Golden. La prédisposition est précise, elle oriente la surveillance. ## Les signes qui font consulter sans attendre Aucun de ces signes ne permet de poser un diagnostic à la maison, et beaucoup renvoient à des affections bénignes. Ils ont en commun de justifier un rendez-vous plutôt qu'une période d'observation : une masse qui grossit, change d'aspect ou saigne, une boiterie qui persiste au-delà de dix jours sans cause évidente, une perte de poids alors que le chien mange normalement, un appétit qui s'effondre plus de deux ou trois jours, un essoufflement anormal au repos, une plaie qui ne cicatrise pas, une odeur buccale soudaine avec difficulté à mastiquer. La règle pratique qui aide le plus : mesurez et datez. Prenez une photo de la masse avec une pièce de monnaie à côté pour l'échelle, notez la date. Si elle a changé deux semaines plus tard, le vétérinaire aura une information utile au lieu d'une impression. Une ponction à l'aiguille fine se fait en consultation, sans anesthésie dans la plupart des cas, et tranche souvent entre un lipome banal et une lésion à retirer. À partir de sept ou huit ans, un bilan annuel avec palpation complète, poids noté et prise de sang crée un point de comparaison d'une année sur l'autre. C'est ce comparatif qui repère une dérive, bien plus qu'un examen isolé. **Le geste qui sert le plus** Photographiez toute masse nouvelle avec un repère de taille et notez la date. Une évolution en deux à trois semaines est l'élément que le vétérinaire ne peut pas reconstituer lui-même. ## Le mur du budget, et ce qu'on peut décider avant d'y être Un scanner coûtait entre 500 et 1 000 euros, indiquait Yves Malcourant, vétérinaire à Gembloux. Un protocole de chimiothérapie ou une chirurgie oncologique dépasse largement ce montant. Les propriétaires dépensent globalement plus qu'avant pour leurs animaux, désormais tenus pour des membres de la famille, ce qui n'efface pas la question : jusqu'où aller, et pour quel bénéfice réel. Deux décisions se prennent mieux à froid qu'au moment du diagnostic. La première est celle de l'assurance santé animale : les contrats excluent presque toujours les affections déjà déclarées, donc souscrire au moment de l'annonce ne sert à rien, et il faut s'y prendre pendant que le chien va bien. La seconde est celle de la limite. Poser à l'avance, avec son vétérinaire, ce que l'on accepte en termes d'examens, de trajets et d'effets secondaires évite d'enchaîner les décisions dans l'urgence. Une piste de prévention concrète existe malgré tout, et elle est solidement documentée chez la chienne : la stérilisation réalisée tôt, avant les premières chaleurs ou peu après, réduit fortement le risque de tumeurs mammaires, qui représentent l'une des localisations les plus fréquentes chez la femelle non stérilisée. Le bon moment dépend de la race et du format, et se discute en consultation.