--- title: "Combien de temps un oisillon peut-il survivre sans nourriture ?" url: https://www.dicoanimaux.com/combien-de-temps-un-oisillon-peut-il-survivre-sans-nourriture.html author: "Dico Animaux" date_published: 2024-09-11T00:32:18+02:00 date_modified: 2026-09-14T13:56:45+02:00 categories: ["Actus"] image: https://www.dicoanimaux.com/wp-content/uploads/2024/09/Combien-de-temps-un-oisillon-peut-il-survivre-sans-nourriture-1-1.webp description: "Un oisillon nu trouvé au sol ne tient pas des jours : privé de ses parents, il meurt en quelques heures, moins de froid que de faim, parce qu'à cet âge il est..." site: "Dico Animaux" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Combien de temps un oisillon peut-il survivre sans nourriture ? Un oisillon nu trouvé au sol ne tient pas des jours : privé de ses parents, il meurt en quelques heures, moins de froid que de faim, parce qu'à cet âge il est nourri toutes les quinze à trente minutes du lever au coucher du soleil. La vraie question n'est donc pas combien de temps il peut attendre, mais ce que vous faites dans l'heure qui suit. ## Pourquoi le compte se fait en heures, pas en jours ![Oisillon au sol, bec ouvert, duvet clairsemé sur la tête et les ailes](https://www.dicoanimaux.com/wp-content/uploads/2024/09/Combien-de-temps-un-oisillon-peut-il-survivre-sans-nourriture-.webp) Un jeune passereau au nid pèse quelques grammes et n'a presque aucune réserve de graisse. Son métabolisme tourne très vite, sa surface corporelle est grande par rapport à sa masse, et tant que son plumage n'est pas sorti il ne régule pas sa propre température : il dépend de la chaleur du nid et de ses parents. Cumulez les deux et vous comprenez le rythme des adultes, qui font parfois trois cents allers-retours dans une journée. On lit régulièrement qu'un oisillon de quelques jours tiendrait vingt-quatre à quarante-huit heures sans manger, et qu'un plus âgé tiendrait trois jours. Ces chiffres circulent de site en site et ils sont faux pour un oiseau nu ou en duvet. Ils poussent à attendre, et attendre est précisément ce qui tue. Un poussin nidicole retrouvé au sol, froid au toucher, est déjà en détresse profonde. **La fourchette honnête** Oisillon nu ou en duvet, sans plumes : quelques heures, et beaucoup moins s'il est refroidi ou mouillé. Jeune emplumé qui vient de quitter le nid : il peut passer une nuit sans être nourri, mais ses parents s'en occupent encore et il n'a normalement pas besoin de vous. Dans les deux cas, on ne compte pas en jours. ## Trois secondes pour trancher : nu ou emplumé C'est le seul tri qui compte et il se fait au premier regard. Un oisillon nu ou couvert de duvet, aux yeux parfois encore fermés, incapable de se tenir debout, est tombé du nid. Il ne devrait pas être là. Un jeune entièrement emplumé, avec une queue courte, qui sautille, se cache sous un buisson et crie, est un volant : il a quitté le nid volontairement et passe quelques jours au sol à apprendre. Ses parents le nourrissent encore, à distance, souvent sans se montrer tant que vous êtes là. Ramasser un volant est l'erreur la plus fréquente du printemps. Les centres de sauvegarde reçoivent chaque année des centaines de jeunes merles et mésanges en parfaite santé, enlevés à des parents qui étaient à trois mètres. Si l'oiseau est emplumé et vif, la bonne action consiste à s'éloigner, rentrer le chat pendant quelques jours et surveiller de loin. **Le nid est visible et accessible** Remettez l'oisillon dedans. L'idée que les parents rejettent un petit touché par l'humain est une légende : la plupart des oiseaux ont un odorat peu développé et ne réagissent pas à votre odeur. Si le nid est tombé ou détruit, un panier ou une boîte percée de trous, fixé dans le même arbre à l'abri de la pluie, fait l'affaire, et les parents reviennent souvent nourrir. ## Ce qu'on ne fait jamais en attendant La tentation de nourrir tout de suite est forte et c'est une mauvaise idée. Le lait de vache est indigeste pour un oiseau et provoque des diarrhées mortelles, aucun oiseau n'allaite. Le pain gonfle, ne nourrit pas et abîme le tube digestif. Les vers de terre entiers, les graines et les croquettes trempées ne conviennent pas non plus aux espèces insectivores, qui sont la majorité de celles qu'on ramasse. Ne donnez pas d'eau à la seringue, non plus : un oisillon aspire facilement le liquide dans ses voies respiratoires et meurt d'une fausse route en quelques minutes. Un jeune oiseau s'hydrate par la nourriture que lui apportent ses parents, pas en buvant. La priorité, avant toute alimentation, c'est le réchauffement. Un oiseau froid ne digère pas et nourrir un animal hypotherme aggrave son état. Placez-le dans une boîte en carton percée, garnie de papier absorbant, posée près d'une source de chaleur douce comme une bouillotte enveloppée dans un linge, au calme et dans l'obscurité. Pas de radio, pas de manipulations, pas de photos. **Qui appeler, et vite** En France, les centres de sauvegarde de la faune sauvage sont les seuls habilités à recueillir un oiseau sauvage, et leur liste est tenue par la Ligue pour la Protection des Oiseaux. Détenir un oiseau d'espèce protégée, même avec de bonnes intentions, est interdit. Appelez avant de vous déplacer : le centre vous dira si l'oiseau doit venir, et comment le transporter. ## Un tableau qui sert vraiment à décider Un détail mérite d'être connu : un oiseau attrapé par un chat, même sans blessure apparente, doit être vu rapidement. La salive féline contient des bactéries qui provoquent des septicémies fatales en un ou deux jours chez un oiseau, et la petite plaie de dent passe souvent inaperçue sous les plumes. ## Ce qui arrive ensuite Dans un centre, un jeune insectivore est nourri toutes les vingt à trente minutes pendant la journée, avec une préparation adaptée à son espèce, puis passé progressivement à une alimentation autonome avant d'être relâché sur un site favorable. Ce travail demande des semaines. Le reproduire chez soi avec un pinceau et de la pâtée pour chat aboutit presque toujours à un oiseau carencé, avec des os déformés, qui ne pourra jamais être relâché. La meilleure contribution d'un particulier reste souvent la plus modeste : ne pas ramasser ce qui ne doit pas l'être, réchauffer et transporter vite ce qui doit l'être, et laisser la suite à des gens équipés.