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La bonne mesure de son efficacité, c'est le nombre de repas terminés.\n\n  **Les chiffres de la chasse**\n\nUne tentative sur deux aboutit. La poursuite dure une vingtaine de secondes, rarement plus d'une minute. La proie type pèse moins de 40 kg, le gabarit d'un berger allemand. Un quatuor de mâles vide une antilope en un quart d'heure.\n\n## Des proies choisies pour leur format, pas pour leur faiblesse\n\nOn répète souvent que les prédateurs prélèvent les malades et les vieux. Chez le guépard, c'est faux la plupart du temps : ses victimes sont en général des animaux sains, dans la force de l'âge. Le critère qui compte est le poids. Gazelles de Thomson, impalas, jeunes gnous, springboks : tout ce qui reste sous les 40 kg.\n\nUn guépard blessé est un guépard mort à court terme : os fins, musculature de lévrier taillée pour l'accélération, pas pour encaisser. Il évite le troupeau compact et isole un individu en périphérie.\n\n## L'approche compte davantage que le sprint\n\nAvant de courir, le guépard marche. Il repère, se couche, avance ventre à terre dans l'herbe haute, en abordant sa cible par l'arrière. Cette phase décide de tout : plus il part de loin, plus la poursuite sera longue et plus elle risque d'échouer. Les observations de terrain donnent une distance de déclenchement souvent inférieure à 60 mètres. C'est aussi pourquoi il travaille en début de matinée et en fin d'après-midi, quand les ombres longues cassent sa silhouette.\n\n## La vitesse, oui, mais brève et coûteuse\n\nC'est l'animal terrestre le plus rapide, avec des pointes autour de 100 km/h. Une idée reçue mérite pourtant d'être corrigée : les colliers GPS posés sur des guépards sauvages au Botswana ont montré que les chasses réelles se déroulent bien en dessous, souvent entre 50 et 60 km/h. Le facteur décisif n'est pas la pointe, c'est la capacité à freiner et à virer sec quand la proie change de direction.\n\nL'effort reste brutal : l'animal s'arrête au bout de quelques centaines de mètres. On a longtemps parlé de surchauffe, les mesures récentes pointent plutôt un effort anaérobie maximal. Il lui faut ensuite une demi-heure pour récupérer, haletant à côté de sa prise.\n\n  **La chronologie d'une chasse**\n\nApproche silencieuse : dix minutes à plus d'une heure. Sprint : 20 secondes en moyenne. Étranglement : une à cinq minutes. Récupération avant de pouvoir manger : environ trente minutes. C'est exactement la fenêtre pendant laquelle il se fait voler.\n\n## Une mise à mort par strangulation, faute de mâchoire\n\nLe guépard a un crâne allégé et des canines courtes, conséquence de son anatomie de coureur : de larges narines pour faire passer l'air, donc moins de place pour les racines dentaires. Sa morsure est faible comparée à celle d'un léopard de même poids. Il fait donc chuter la proie avant de la tuer. L'ergot de sa patte avant, une griffe surélevée qui ne touche jamais le sol, sert de croc de boucher : il l'accroche dans le flanc de l'animal lancé et le déséquilibre. La proie tombe, le guépard referme sa gueule sous la gorge et comprime la trachée. L'asphyxie prend quelques minutes, pendant lesquelles il reste couché, sans lâcher prise.\n\n## Le vrai problème commence une fois la proie à terre\n\nUn guépard seul, encore hors d'haleine, ne défend pas sa carcasse contre une hyène tachetée de 60 kg, encore moins contre une troupe de lions. Il cède, parce qu'une blessure lui coûterait sa saison. Contre un chacal ou quelques vautours, il tient bon. D'où la précipitation de ses repas : quatre frères adultes réduisent une antilope à l'état de squelette en un quart d'heure, quand une femelle seule mange par à-coups en surveillant l'horizon.\n\n  **Le piège de la savane**\n\nLe guépard perd une part importante de ses captures au profit des lions et des hyènes, sans se battre. D'où sa préférence pour les zones à faible densité de grands carnivores, et les mauvais résultats des réserves clôturées où on empile lions, hyènes et guépards.\n\nVous souhaitez en savoir plus sur ce prédateur et d'autres merveilles de la faune mondiale ? Retrouvez le magazine \"[**Le Monde des Animaux**](https://www.monmag.fr/categorie/maison-loisirs-et-nature/le-monde-des-animaux/)\" en kiosque et sur monmag.fr, disponible en version papier et numérique avec possibilités d'abonnement.\n\n[**Le Monde des Animaux & de la Nature**](https://www.lemondedesanimaux-magazine.fr/)\" est un magazine dédié à la faune et à la flore sauvages du monde entier. 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Le chiffre cache une facture : attraper une proie ne veut pas dire la garder, et une part notable des carcasses lui est reprise dans les minutes qui suivent. La bonne mesure de son efficacité, c'est le nombre de repas terminés.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-orange\">\n<strong>Les chiffres de la chasse</strong>\n<p>Une tentative sur deux aboutit. La poursuite dure une vingtaine de secondes, rarement plus d'une minute. La proie type pèse moins de 40 kg, le gabarit d'un berger allemand. Un quatuor de mâles vide une antilope en un quart d'heure.</p>\n</aside>\n\n<h2>Des proies choisies pour leur format, pas pour leur faiblesse</h2>\n\n<p>On répète souvent que les prédateurs prélèvent les malades et les vieux. Chez le guépard, c'est faux la plupart du temps : ses victimes sont en général des animaux sains, dans la force de l'âge. Le critère qui compte est le poids. Gazelles de Thomson, impalas, jeunes gnous, springboks : tout ce qui reste sous les 40 kg.</p>\n\n<p>Un guépard blessé est un guépard mort à court terme : os fins, musculature de lévrier taillée pour l'accélération, pas pour encaisser. Il évite le troupeau compact et isole un individu en périphérie.</p>\n\n<h2>L'approche compte davantage que le sprint</h2>\n\n<p>Avant de courir, le guépard marche. Il repère, se couche, avance ventre à terre dans l'herbe haute, en abordant sa cible par l'arrière. Cette phase décide de tout : plus il part de loin, plus la poursuite sera longue et plus elle risque d'échouer. Les observations de terrain donnent une distance de déclenchement souvent inférieure à 60 mètres. C'est aussi pourquoi il travaille en début de matinée et en fin d'après-midi, quand les ombres longues cassent sa silhouette.</p>\n\n<h2>La vitesse, oui, mais brève et coûteuse</h2>\n\n<p>C'est l'animal terrestre le plus rapide, avec des pointes autour de 100 km/h. Une idée reçue mérite pourtant d'être corrigée : les colliers GPS posés sur des guépards sauvages au Botswana ont montré que les chasses réelles se déroulent bien en dessous, souvent entre 50 et 60 km/h. Le facteur décisif n'est pas la pointe, c'est la capacité à freiner et à virer sec quand la proie change de direction.</p>\n\n<p>L'effort reste brutal : l'animal s'arrête au bout de quelques centaines de mètres. On a longtemps parlé de surchauffe, les mesures récentes pointent plutôt un effort anaérobie maximal. Il lui faut ensuite une demi-heure pour récupérer, haletant à côté de sa prise.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-violet\">\n<strong>La chronologie d'une chasse</strong>\n<p>Approche silencieuse : dix minutes à plus d'une heure. Sprint : 20 secondes en moyenne. Étranglement : une à cinq minutes. Récupération avant de pouvoir manger : environ trente minutes. C'est exactement la fenêtre pendant laquelle il se fait voler.</p>\n</aside>\n\n<h2>Une mise à mort par strangulation, faute de mâchoire</h2>\n\n<p>Le guépard a un crâne allégé et des canines courtes, conséquence de son anatomie de coureur : de larges narines pour faire passer l'air, donc moins de place pour les racines dentaires. Sa morsure est faible comparée à celle d'un léopard de même poids. Il fait donc chuter la proie avant de la tuer. L'ergot de sa patte avant, une griffe surélevée qui ne touche jamais le sol, sert de croc de boucher : il l'accroche dans le flanc de l'animal lancé et le déséquilibre. La proie tombe, le guépard referme sa gueule sous la gorge et comprime la trachée. L'asphyxie prend quelques minutes, pendant lesquelles il reste couché, sans lâcher prise.</p>\n\n<h2>Le vrai problème commence une fois la proie à terre</h2>\n\n<p>Un guépard seul, encore hors d'haleine, ne défend pas sa carcasse contre une hyène tachetée de 60 kg, encore moins contre une troupe de lions. Il cède, parce qu'une blessure lui coûterait sa saison. Contre un chacal ou quelques vautours, il tient bon. D'où la précipitation de ses repas : quatre frères adultes réduisent une antilope à l'état de squelette en un quart d'heure, quand une femelle seule mange par à-coups en surveillant l'horizon.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-rouge\">\n<strong>Le piège de la savane</strong>\n<p>Le guépard perd une part importante de ses captures au profit des lions et des hyènes, sans se battre. D'où sa préférence pour les zones à faible densité de grands carnivores, et les mauvais résultats des réserves clôturées où on empile lions, hyènes et guépards.</p>\n</aside>\n\n<p>Vous souhaitez en savoir plus sur ce prédateur et d'autres merveilles de la faune mondiale ? Retrouvez le magazine \"<a href=\"https://www.monmag.fr/categorie/maison-loisirs-et-nature/le-monde-des-animaux/\"><strong>Le Monde des Animaux</strong></a>\" en kiosque et sur monmag.fr, disponible en version papier et numérique avec possibilités d'abonnement.</p>\n\n<p><a href=\"https://www.lemondedesanimaux-magazine.fr/\"><span><strong>Le Monde des Animaux &amp; de la Nature</strong></span></a>\" est un magazine dédié à la faune et à la flore sauvages du monde entier. À travers des reportages de terrain et de sublimes photographies, le magazine offre un safari visuel au cœur de la nature.</p>",
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