{
    "id": 49173,
    "type": "post",
    "title": "Le processus de fabrication du miel par les abeilles",
    "slug": "le-processus-de-fabrication-du-miel-par-les-abeilles",
    "url": "https://www.dicoanimaux.com/le-processus-de-fabrication-du-miel-par-les-abeilles.html",
    "description": "Une butineuse rapporte un liquide qui contient jusqu'à 80 % d'eau et qui fermenterait en trois jours. La ruche en fait un aliment séché sous 18 % d'humidité...",
    "chapo": null,
    "date_published": "2024-04-22T08:34:52+02:00",
    "date_modified": "2026-09-14T13:50:22+02:00",
    "language": "fr-FR",
    "translations": null,
    "categories": [
        {
            "name": "Actus",
            "url": "https://www.dicoanimaux.com/sujet/actus/"
        }
    ],
    "tags": [],
    "word_count": 736,
    "reading_time_min": 4,
    "image": "https://www.dicoanimaux.com/wp-content/uploads/2024/04/Le-processus-de-fabrication-du-miel-par-les-abeilles-1.webp",
    "image_alt": "découvrez le fascinant processus de fabrication du miel par les abeilles et plongez dans l'univers merveilleux de la production naturelle de ce nectar sucré.",
    "author": {
        "name": "Dico Animaux",
        "url": "https://www.dicoanimaux.com/author/dico-animaux/",
        "bio": null,
        "avatar": "https://www.dicoanimaux.com/themes/animaux/avatar-chat.png"
    },
    "content_markdown": "Une butineuse rapporte un liquide qui contient jusqu'à 80 % d'eau et qui fermenterait en trois jours. La ruche en fait un aliment séché sous 18 % d'humidité, acidifié par des enzymes, capable de tenir tout un hiver.\n\n## Le nectar, une matière première très diluée\n\nUne butineuse repère une fleur à ses couleurs, à son odeur et souvent à des motifs ultraviolets que notre œil ne voit pas. Elle déroule sa trompe, aspire le nectar et le stocke dans son jabot, une poche située avant l'estomac et séparée de lui par une valve. Le nectar n'est donc pas digéré : il voyage.\n\nLe problème tient à sa composition : selon les fleurs, le nectar contient 60 à 80 % d'eau, et à ce taux il fermente en quelques jours. Tout le travail de la ruche consiste à transformer cette soupe sucrée en une substance qui se garde des années.\n\n  **Les chiffres du chantier**\n\nIl faut environ deux millions de visites de fleurs pour produire 450 grammes de miel. Une butineuse en fabrique à peine un douzième de cuillère à café pendant toute sa vie, qui dure cinq à six semaines en pleine saison. Une colonie consomme ensuite 15 à 25 kilos de réserves pour passer l'hiver.\n\n## Le passage de bouche en bouche, là où la chimie commence\n\n![Abeilles sur un rayon de cire dont les alvéoles sont remplies de miel doré](https://www.dicoanimaux.com/wp-content/uploads/2024/04/Le-processus-de-fabrication-du-miel-par-les-abeilles.webp)\n\nDe retour à la ruche, la butineuse ne dépose pas sa récolte dans une alvéole : elle la régurgite à une receveuse, qui la reprend en bouche, la régurgite à son tour, et ainsi de suite. Ce passage répété, la trophallaxie, mélange au nectar la salive des ouvrières et ses enzymes.\n\n**L'invertase coupe le saccharose en glucose et fructose**, deux sucres simples. La glucose oxydase attaque une partie du glucose et produit de l'acide gluconique et du peroxyde d'hydrogène. Ce couple fait descendre le pH du miel autour de 3,5 à 4,5 et lui donne son pouvoir antibactérien. Le nectar devient un milieu acide et pauvre en eau, où presque aucun micro-organisme ne se développe.\n\n## Sécher, sans chauffer\n\nLe nectar transformé est étalé en fine couche dans les alvéoles, ou suspendu en gouttelettes entre les mandibules des ouvrières : la surface d'échange augmente, l'eau s'évapore. Des abeilles ventilent alors des heures durant, à l'entrée et sur les rayons, pour chasser l'air humide hors de la ruche.\n\nL'opération s'arrête quand la teneur en eau passe sous 18 %, parfois 17 % selon les miellées. En dessous de ce seuil, les levures présentes dans le nectar ne se multiplient plus. Au-dessus de 20 %, le miel fermente. Les apiculteurs mesurent cette valeur au réfractomètre avant de récolter.\n\n  **Pourquoi le miel ne se périme pas**\n\nTrois barrières se cumulent : moins de 18 % d'eau, un pH acide autour de 4, et du peroxyde d'hydrogène libéré lentement. Des pots retrouvés dans des tombes égyptiennes étaient encore comestibles. Un miel qui cristallise n'est pas gâté, il change simplement d'état.\n\n## L'operculation ferme le dossier\n\nQuand l'alvéole atteint la bonne concentration, les ouvrières la recouvrent d'un fin bouchon de cire produit par leurs glandes cirières. L'alvéole devient hermétique, le miel cesse d'absorber l'humidité de l'air, ce qu'il fait spontanément puisqu'il est hygroscopique. La colonie dispose alors d'une réserve stable jusqu'au printemps.\n\nEn hiver, les abeilles se regroupent en grappe autour de la reine et font vibrer leurs muscles de vol. Le cœur de la grappe tient entre 25 et 30 degrés, davantage en présence de couvain, et ce sont les réserves de miel qui paient ce chauffage.\n\n  **Un cadre non operculé est un cadre trop humide**\n\nLes opercules de cire sont le seul indicateur fiable que les abeilles ont fini. Récolter des cadres encore ouverts donne un miel qui fermente en pot : c'est la première vérification avant de descendre une hausse.\n\n## Ce que l'apiculteur prend, ce qu'il laisse\n\nRécolter revient à prélever une partie de ce stock. Un apiculteur sérieux laisse de quoi passer l'hiver, ou compense ce qu'il a pris. Prendre trop, ou trop tard en saison, oblige à nourrir au sirop, qui n'a pas la valeur de réserves de miel et de pollen.\n\nUn mot sur les vertus qu'on prête au miel. Son action sur les plaies superficielles et sur la toux est documentée, celle-ci surtout chez l'enfant de plus d'un an. **Avant un an, le miel est déconseillé aux nourrissons**, à cause du risque de botulisme infantile. Le reste des promesses santé relève davantage du commerce que de la littérature scientifique.",
    "content_html": "<p>Une butineuse rapporte un liquide qui contient jusqu'à 80 % d'eau et qui fermenterait en trois jours. La ruche en fait un aliment séché sous 18 % d'humidité, acidifié par des enzymes, capable de tenir tout un hiver.</p>\n\n<h2>Le nectar, une matière première très diluée</h2>\n\n<p>Une butineuse repère une fleur à ses couleurs, à son odeur et souvent à des motifs ultraviolets que notre œil ne voit pas. Elle déroule sa trompe, aspire le nectar et le stocke dans son jabot, une poche située avant l'estomac et séparée de lui par une valve. Le nectar n'est donc pas digéré : il voyage.</p>\n\n<p>Le problème tient à sa composition : selon les fleurs, le nectar contient 60 à 80 % d'eau, et à ce taux il fermente en quelques jours. Tout le travail de la ruche consiste à transformer cette soupe sucrée en une substance qui se garde des années.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-orange\">\n<strong>Les chiffres du chantier</strong>\n<p>Il faut environ deux millions de visites de fleurs pour produire 450 grammes de miel. Une butineuse en fabrique à peine un douzième de cuillère à café pendant toute sa vie, qui dure cinq à six semaines en pleine saison. Une colonie consomme ensuite 15 à 25 kilos de réserves pour passer l'hiver.</p>\n</aside>\n\n<h2>Le passage de bouche en bouche, là où la chimie commence</h2>\n\n<figure>\n<img width=\"2040\" height=\"1152\" src=\"/wp-content/uploads/2024/04/Le-processus-de-fabrication-du-miel-par-les-abeilles.webp\" alt=\"Abeilles sur un rayon de cire dont les alvéoles sont remplies de miel doré\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\">\n</figure>\n\n<p>De retour à la ruche, la butineuse ne dépose pas sa récolte dans une alvéole : elle la régurgite à une receveuse, qui la reprend en bouche, la régurgite à son tour, et ainsi de suite. Ce passage répété, la trophallaxie, mélange au nectar la salive des ouvrières et ses enzymes.</p>\n\n<p><strong>L'invertase coupe le saccharose en glucose et fructose</strong>, deux sucres simples. La glucose oxydase attaque une partie du glucose et produit de l'acide gluconique et du peroxyde d'hydrogène. Ce couple fait descendre le pH du miel autour de 3,5 à 4,5 et lui donne son pouvoir antibactérien. Le nectar devient un milieu acide et pauvre en eau, où presque aucun micro-organisme ne se développe.</p>\n\n<h2>Sécher, sans chauffer</h2>\n\n<p>Le nectar transformé est étalé en fine couche dans les alvéoles, ou suspendu en gouttelettes entre les mandibules des ouvrières : la surface d'échange augmente, l'eau s'évapore. Des abeilles ventilent alors des heures durant, à l'entrée et sur les rayons, pour chasser l'air humide hors de la ruche.</p>\n\n<p>L'opération s'arrête quand la teneur en eau passe sous 18 %, parfois 17 % selon les miellées. En dessous de ce seuil, les levures présentes dans le nectar ne se multiplient plus. Au-dessus de 20 %, le miel fermente. Les apiculteurs mesurent cette valeur au réfractomètre avant de récolter.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-vert\">\n<strong>Pourquoi le miel ne se périme pas</strong>\n<p>Trois barrières se cumulent : moins de 18 % d'eau, un pH acide autour de 4, et du peroxyde d'hydrogène libéré lentement. Des pots retrouvés dans des tombes égyptiennes étaient encore comestibles. Un miel qui cristallise n'est pas gâté, il change simplement d'état.</p>\n</aside>\n\n<h2>L'operculation ferme le dossier</h2>\n\n<p>Quand l'alvéole atteint la bonne concentration, les ouvrières la recouvrent d'un fin bouchon de cire produit par leurs glandes cirières. L'alvéole devient hermétique, le miel cesse d'absorber l'humidité de l'air, ce qu'il fait spontanément puisqu'il est hygroscopique. La colonie dispose alors d'une réserve stable jusqu'au printemps.</p>\n\n<p>En hiver, les abeilles se regroupent en grappe autour de la reine et font vibrer leurs muscles de vol. Le cœur de la grappe tient entre 25 et 30 degrés, davantage en présence de couvain, et ce sont les réserves de miel qui paient ce chauffage.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-rose\">\n<strong>Un cadre non operculé est un cadre trop humide</strong>\n<p>Les opercules de cire sont le seul indicateur fiable que les abeilles ont fini. Récolter des cadres encore ouverts donne un miel qui fermente en pot : c'est la première vérification avant de descendre une hausse.</p>\n</aside>\n\n<h2>Ce que l'apiculteur prend, ce qu'il laisse</h2>\n\n<p>Récolter revient à prélever une partie de ce stock. Un apiculteur sérieux laisse de quoi passer l'hiver, ou compense ce qu'il a pris. Prendre trop, ou trop tard en saison, oblige à nourrir au sirop, qui n'a pas la valeur de réserves de miel et de pollen.</p>\n\n<p>Un mot sur les vertus qu'on prête au miel. Son action sur les plaies superficielles et sur la toux est documentée, celle-ci surtout chez l'enfant de plus d'un an. <strong>Avant un an, le miel est déconseillé aux nourrissons</strong>, à cause du risque de botulisme infantile. Le reste des promesses santé relève davantage du commerce que de la littérature scientifique.</p>",
    "alternates": {
        "html": "https://www.dicoanimaux.com/le-processus-de-fabrication-du-miel-par-les-abeilles.html",
        "markdown": "https://www.dicoanimaux.com/le-processus-de-fabrication-du-miel-par-les-abeilles.md",
        "json": "https://www.dicoanimaux.com/api/post/le-processus-de-fabrication-du-miel-par-les-abeilles.json"
    },
    "site": {
        "name": "Dico Animaux",
        "url": "https://www.dicoanimaux.com/"
    },
    "license": "Reproduction autorisée avec lien vers la source."
}