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Certaines races, plus vocales par nature (les chiens de berger, certains petits gabarits), pleurent plus facilement que d'autres sans que cela signale un problème particulier. L'important n'est pas la tonalité du bruit mais son déclencheur, sa fréquence et ce qui change dans le comportement autour de lui.\n\n## Au moment du départ : reconnaître l'anxiété de séparation\n\nC'est la situation la plus fréquente et la plus mal gérée. Le chien pleure, gratte la porte ou aboie dès que la clé tourne dans la serrure, parfois avant même que vous ayez quitté la pièce. Chez certains chiens très attachés à leur maître, ce moment déclenche un vrai pic de stress : le rythme cardiaque augmente, la salivation aussi, et le comportement destructeur (mâcher un meuble, gratter une porte) suit dans les minutes qui suivent le départ, pas des heures après.\n\nLes chiots sont particulièrement exposés, parce qu'ils n'ont pas encore appris que l'absence a une fin prévisible. Un chien adulte adopté récemment peut traverser la même phase, le temps de se caler sur votre rythme.\n\nUn détail trompe souvent les propriétaires : l'anxiété de séparation ne se limite pas au moment du départ. Certains chiens pleurent surtout dans le quart d'heure qui suit, une fois passé le premier choc, puis se calment. D'autres, au contraire, gémissent en continu pendant des heures, ce qui épuise le chien autant que les voisins. Un enregistrement vidéo pendant une absence, avec un téléphone posé face au panier, donne en général une réponse plus fiable que les suppositions.\n\n **Ce qui marche, dans l'ordre**\n\nHabituer le chien à de très courtes absences (30 secondes, puis 2 minutes, puis 10) avant de viser une demi-journée. Laisser un vêtement porté récemment près de son panier. Revenir sans dramatiser : ni cri de joie, ni gronderie, attendre qu'il se calme avant de le saluer.\n\nUn diffuseur de phéromones ou un collier apaisant peut accompagner cette habituation progressive, mais il ne la remplace pas : sans l'entraînement au calme, l'effet reste marginal. Comptez plusieurs semaines pour un chien très anxieux, pas quelques jours.\n\nChez un chiot, cette phase d'apprentissage fait presque toujours partie du parcours normal, même si elle épuise les nerfs des premières semaines. Chez un chien adulte qui n'a jamais montré ce comportement et qui se met soudain à pleurer dès qu'il reste seul, cela vaut la peine de chercher un événement déclencheur récent : un déménagement, un changement de rythme dans le foyer, ou même une expérience effrayante vécue seul (orage, bruit de chantier). Le contexte oriente souvent plus vite que l'observation du pleur lui-même.\n\n## À la maison, en votre présence : un pleur qui demande quelque chose\n\nUn chien qui pleure alors que vous êtes juste à côté de lui pose une question différente. Le plus souvent, il réclame : la gamelle, la sortie, un jouet coincé sous le canapé, ou simplement votre attention parce que céder a déjà fonctionné une fois. Un chiot qui ne sait pas encore se retenir plusieurs heures pleurera pour sortir, et c'est un besoin réel, pas un caprice.\n\nLe piège classique : répondre instantanément à chaque pleur transforme le pleur en télécommande. Si le chien apprend qu'un gémissement suffit à obtenir le canapé, la friandise ou la balade immédiate, il répétera le geste qui marche. Le corriger ne veut pas dire l'ignorer sans limite, cela veut dire attendre qu'il se taise quelques secondes avant de répondre à sa demande, pour que le calme, et non le pleur, déclenche la récompense.\n\n### Une routine réduit le bruit de fond\n\nUn chien qui sait à peu près quand il mange, sort et joue pleure moins, tout simplement parce qu'il anticipe moins d'incertitude. Ce n'est pas une solution miracle contre l'anxiété de séparation, mais cela réduit les pleurs de sollicitation au quotidien, et cela aide un chien anxieux à mieux tenir le coup pendant votre absence.\n\nConcrètement, cela veut dire des horaires de repas à peu près fixes, une sortie avant le départ au travail plutôt qu'après en courant, et un ordre d'activités qui revient chaque jour. Rien de rigide au point de stresser le foyer entier, simplement assez régulier pour que le chien puisse deviner ce qui suit. Certains propriétaires notent que les pleurs de sollicitation baissent en une à deux semaines une fois cette régularité installée, sans autre changement.\n\n **Le réflexe à corriger**\n\nCéder tout de suite à un pleur de réclamation renforce le comportement en une poignée de répétitions. Attendez un silence, même bref, avant de répondre à la demande : c'est le calme que vous récompensez, pas le bruit.\n\n## La nuit, ou un pleur inhabituel : le signal à ne pas laisser filer\n\nUn pleur qui change de nature mérite une attention différente. Un chien qui gémit en se levant, qui évite de poser une patte, qui refuse sa gamelle habituelle ou dont les pleurs s'accompagnent de vomissements ou d'une grande fatigue ne réclame probablement rien : il signale un inconfort physique. Une douleur dentaire, une infection urinaire ou un problème articulaire chez un chien âgé peuvent tous se traduire par des gémissements qui n'existaient pas avant.\n\nLe repère utile n'est pas le volume du pleur mais le changement : un chien qui pleure différemment de son habitude, surtout la nuit ou en se déplaçant, doit être vu par un vétérinaire. Ce n'est pas au propriétaire de trancher entre une simple gêne et un problème plus sérieux, un examen tranche en quelques minutes ce qu'une observation à la maison ne peut pas confirmer.\n\nLes chiens âgés méritent une vigilance particulière sur ce point. L'arthrose, fréquente à partir de sept ou huit ans selon les races, peut se manifester d'abord par des pleurs discrets au moment de se lever ou de monter dans la voiture, avant que la boiterie ne devienne visible. Un chien qui commence à hésiter avant de sauter sur le canapé, alors qu'il le faisait sans y penser un mois plus tôt, envoie un signal qui mérite d'être pris au sérieux plutôt que mis sur le compte de l'âge en général.\n\n **Quand consulter sans attendre**\n\nRefus de manger, boiterie, vomissements ou pleurs qui s'aggravent en quelques heures : direction le vétérinaire le jour même. Un chien qui change brutalement de comportement de pleur signale rarement un simple caprice.\n\n## Ce qui perturbe un chien sans qu'il y ait ni douleur ni séparation\n\nUn déménagement, l'arrivée d'un bébé ou d'un autre animal, un changement d'horaires de travail : tout ce qui bouscule la routine peut se traduire par des pleurs pendant quelques jours à quelques semaines. Le chien n'a pas de mot pour dire qu'il est déstabilisé, le pleur en tient lieu. Dans ce cas, la patience et le maintien d'un maximum de repères (heures de repas, promenades) aident plus que n'importe quelle technique de dressage.\n\nL'arrivée d'un bébé illustre bien ce mécanisme : le chien perd d'un coup une partie de l'attention qu'il recevait, entend des bruits nouveaux à des heures inhabituelles, et voit son territoire réduit par un parc ou une chambre fermée. Les pleurs qui suivent ne signalent pas de la jalousie au sens humain du terme, plutôt une perte de repères qu'il faut reconstruire progressivement, en lui gardant des moments individuels même courts.\n\n## Faut-il changer d'alimentation ou d'horaires de sortie ?\n\nDeux causes physiologiques passent souvent inaperçues parce qu'elles ne ressemblent pas à un problème de comportement. Un chien qui a systématiquement faim avant l'heure du repas, parce que la ration est légèrement sous-dimensionnée pour son poids ou son niveau d'activité, peut développer un pleur récurrent en fin d'après-midi. De même, un chien dont la dernière sortie a lieu trop tôt par rapport au coucher peut réclamer bruyamment en pleine nuit, simplement parce que sa vessie ne tient pas jusqu'au matin.\n\nAvant de chercher une explication comportementale complexe, vaut mieux écarter ces deux pistes simples : la quantité de nourriture correspond-elle vraiment aux repères de la marque pour son poids, et la dernière sortie a-t-elle lieu suffisamment tard ? Un ajustement de dix ou vingt minutes sur l'horaire de la promenade du soir suffit parfois à faire disparaître un pleur nocturne qui semblait, à première vue, purement anxieux.\n\n## Rééduquer sans punir : ce que change l'éducation positive\n\nPunir un pleur, en grondant ou en isolant davantage le chien, tend à ajouter du stress au stress, surtout quand la cause est l'anxiété. L'éducation positive fonctionne dans l'autre sens : on marque et on récompense le comportement calme, en ignorant sans dramatiser le pleur de réclamation. C'est plus lent qu'une réprimande, mais l'effet dure, parce que le chien associe le calme à quelque chose de bon plutôt que l'agitation à une punition à éviter.\n\nConcrètement, cela ressemble à ceci : le chien pleure devant la porte, vous ne réagissez pas tant qu'il pleure, puis dès qu'il souffle et se pose une seconde, vous ouvrez la porte ou lui donnez ce qu'il attendait. La première fois, le silence dure une seconde. Avec la répétition, le chien apprend à se calmer plus vite et plus longtemps pour obtenir la même chose, jusqu'à ce que le pleur ne serve plus à rien à ses yeux.\n\n **Une méthode qui tient dans le temps**\n\nRécompenser le silence, jamais le pleur. Cela demande de la constance sur plusieurs semaines, mais un chien qui comprend que le calme obtient plus que l'agitation finit par pleurer beaucoup moins, sans qu'on ait eu besoin de le gronder une seule fois.\n\nLe comportementaliste canin Olivier Lhote détaille cette logique dans un article consacré au [chien qui pleure](https://educateurcomportementalistecanin.net/blog/chien-qui-pleure-comprendre-et-agir-pour-son-bien-etre/), avec des pistes concrètes pour les cas d'anxiété de séparation installée depuis longtemps. Faire appel à un éducateur comportementaliste devient pertinent quand les pleurs persistent malgré plusieurs semaines d'habituation progressive, ou quand ils s'accompagnent de comportements compulsifs comme tourner en rond ou se lécher une zone du corps jusqu'à l'irritation.\n\n## Tenir un carnet d'observation, sur une semaine\n\nRien ne remplace une observation notée plutôt que gardée en tête. Sur une feuille ou dans une application de notes, indiquer l'heure du pleur, sa durée approximative, ce qui se passait juste avant (départ, repas sauté, bruit dans l'immeuble, changement de température) et comment il s'est arrêté. Au bout de quelques jours, un motif se dessine presque toujours : un chien qui pleure surtout entre 17 et 19 heures pointe vers la faim ou l'ennui de fin de journée, un chien qui pleure uniquement les jours de forte chaleur pointe vers l'inconfort thermique, un chien qui pleure dans les cinq minutes suivant chaque départ pointe vers l'anxiété de séparation.\n\nCe carnet sert aussi de base concrète si vous consultez un vétérinaire ou un éducateur comportementaliste : plutôt que de décrire de mémoire un comportement flou, vous apportez des horaires, une fréquence et des déclencheurs précis, ce qui accélère nettement le diagnostic comportemental ou médical.\n\n## Récapituler avant d'agir ce soir\n\nFace à un chien qui pleure, la première question à se poser est simple : dans quel contexte ? Au départ, c'est probablement de l'anxiété, qui se travaille par petites étapes. En votre présence, c'est souvent une demande, qui se corrige en attendant le calme avant de répondre. La nuit ou de façon inhabituelle, c'est un signal physique à ne pas ignorer. Et lors d'un grand changement de vie, c'est une adaptation qui demande simplement du temps et des repères stables.\n\n **Un délai à respecter**\n\nL'habituation à la solitude se construit sur plusieurs semaines, pas en un week-end. Forcer l'étape (laisser un chiot anxieux seul six heures d'un coup) produit l'effet inverse et renforce la peur au lieu de la réduire.\n\nÊtre attentif à ces nuances ne demande pas de matériel particulier, seulement de noter, pendant quelques jours, quand le chien pleure et ce qui se passe juste avant. Cette observation, souvent négligée, oriente presque toujours vers la bonne réponse.\n\nUn dernier point mérite d'être dit clairement : un chien qui pleure n'est ni capricieux ni manipulateur au sens où on l'entend chez une personne. Il communique avec les seuls outils dont il dispose, et le pleur en fait partie au même titre que la queue qui remue ou les oreilles couchées. Le comprendre ne veut pas dire céder à tout, cela veut dire répondre au bon moment, à la bonne cause, plutôt que de laisser un même réflexe gérer des situations qui n'ont rien en commun.\n\nLe temps passé à observer avant d'agir n'est jamais perdu. Un chien qui pleure ce soir pleurera probablement encore demain si la cause n'est pas identifiée, alors qu'une réponse ajustée, même modeste, produit en général un changement visible en quelques jours.",
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Certaines races, plus vocales par nature (les chiens de berger, certains petits gabarits), pleurent plus facilement que d'autres sans que cela signale un problème particulier. L'important n'est pas la tonalité du bruit mais son déclencheur, sa fréquence et ce qui change dans le comportement autour de lui.</p>\n\n<h2>Au moment du départ : reconnaître l'anxiété de séparation</h2>\n\n<p>C'est la situation la plus fréquente et la plus mal gérée. Le chien pleure, gratte la porte ou aboie dès que la clé tourne dans la serrure, parfois avant même que vous ayez quitté la pièce. Chez certains chiens très attachés à leur maître, ce moment déclenche un vrai pic de stress : le rythme cardiaque augmente, la salivation aussi, et le comportement destructeur (mâcher un meuble, gratter une porte) suit dans les minutes qui suivent le départ, pas des heures après.</p>\n\n<p>Les chiots sont particulièrement exposés, parce qu'ils n'ont pas encore appris que l'absence a une fin prévisible. Un chien adulte adopté récemment peut traverser la même phase, le temps de se caler sur votre rythme.</p>\n\n<p>Un détail trompe souvent les propriétaires : l'anxiété de séparation ne se limite pas au moment du départ. Certains chiens pleurent surtout dans le quart d'heure qui suit, une fois passé le premier choc, puis se calment. D'autres, au contraire, gémissent en continu pendant des heures, ce qui épuise le chien autant que les voisins. Un enregistrement vidéo pendant une absence, avec un téléphone posé face au panier, donne en général une réponse plus fiable que les suppositions.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-orange\"><strong>Ce qui marche, dans l'ordre</strong><p>Habituer le chien à de très courtes absences (30 secondes, puis 2 minutes, puis 10) avant de viser une demi-journée. Laisser un vêtement porté récemment près de son panier. Revenir sans dramatiser : ni cri de joie, ni gronderie, attendre qu'il se calme avant de le saluer.</p></aside>\n\n<p>Un diffuseur de phéromones ou un collier apaisant peut accompagner cette habituation progressive, mais il ne la remplace pas : sans l'entraînement au calme, l'effet reste marginal. Comptez plusieurs semaines pour un chien très anxieux, pas quelques jours.</p>\n\n<p>Chez un chiot, cette phase d'apprentissage fait presque toujours partie du parcours normal, même si elle épuise les nerfs des premières semaines. Chez un chien adulte qui n'a jamais montré ce comportement et qui se met soudain à pleurer dès qu'il reste seul, cela vaut la peine de chercher un événement déclencheur récent : un déménagement, un changement de rythme dans le foyer, ou même une expérience effrayante vécue seul (orage, bruit de chantier). Le contexte oriente souvent plus vite que l'observation du pleur lui-même.</p>\n\n<h2>À la maison, en votre présence : un pleur qui demande quelque chose</h2>\n\n<p>Un chien qui pleure alors que vous êtes juste à côté de lui pose une question différente. Le plus souvent, il réclame : la gamelle, la sortie, un jouet coincé sous le canapé, ou simplement votre attention parce que céder a déjà fonctionné une fois. Un chiot qui ne sait pas encore se retenir plusieurs heures pleurera pour sortir, et c'est un besoin réel, pas un caprice.</p>\n\n<p>Le piège classique : répondre instantanément à chaque pleur transforme le pleur en télécommande. Si le chien apprend qu'un gémissement suffit à obtenir le canapé, la friandise ou la balade immédiate, il répétera le geste qui marche. Le corriger ne veut pas dire l'ignorer sans limite, cela veut dire attendre qu'il se taise quelques secondes avant de répondre à sa demande, pour que le calme, et non le pleur, déclenche la récompense.</p>\n\n<h3>Une routine réduit le bruit de fond</h3>\n\n<p>Un chien qui sait à peu près quand il mange, sort et joue pleure moins, tout simplement parce qu'il anticipe moins d'incertitude. Ce n'est pas une solution miracle contre l'anxiété de séparation, mais cela réduit les pleurs de sollicitation au quotidien, et cela aide un chien anxieux à mieux tenir le coup pendant votre absence.</p>\n\n<p>Concrètement, cela veut dire des horaires de repas à peu près fixes, une sortie avant le départ au travail plutôt qu'après en courant, et un ordre d'activités qui revient chaque jour. Rien de rigide au point de stresser le foyer entier, simplement assez régulier pour que le chien puisse deviner ce qui suit. Certains propriétaires notent que les pleurs de sollicitation baissent en une à deux semaines une fois cette régularité installée, sans autre changement.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-rose\"><strong>Le réflexe à corriger</strong><p>Céder tout de suite à un pleur de réclamation renforce le comportement en une poignée de répétitions. Attendez un silence, même bref, avant de répondre à la demande : c'est le calme que vous récompensez, pas le bruit.</p></aside>\n\n<h2>La nuit, ou un pleur inhabituel : le signal à ne pas laisser filer</h2>\n\n<p>Un pleur qui change de nature mérite une attention différente. Un chien qui gémit en se levant, qui évite de poser une patte, qui refuse sa gamelle habituelle ou dont les pleurs s'accompagnent de vomissements ou d'une grande fatigue ne réclame probablement rien : il signale un inconfort physique. Une douleur dentaire, une infection urinaire ou un problème articulaire chez un chien âgé peuvent tous se traduire par des gémissements qui n'existaient pas avant.</p>\n\n<p>Le repère utile n'est pas le volume du pleur mais le changement : un chien qui pleure différemment de son habitude, surtout la nuit ou en se déplaçant, doit être vu par un vétérinaire. Ce n'est pas au propriétaire de trancher entre une simple gêne et un problème plus sérieux, un examen tranche en quelques minutes ce qu'une observation à la maison ne peut pas confirmer.</p>\n\n<p>Les chiens âgés méritent une vigilance particulière sur ce point. L'arthrose, fréquente à partir de sept ou huit ans selon les races, peut se manifester d'abord par des pleurs discrets au moment de se lever ou de monter dans la voiture, avant que la boiterie ne devienne visible. Un chien qui commence à hésiter avant de sauter sur le canapé, alors qu'il le faisait sans y penser un mois plus tôt, envoie un signal qui mérite d'être pris au sérieux plutôt que mis sur le compte de l'âge en général.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-rouge\"><strong>Quand consulter sans attendre</strong><p>Refus de manger, boiterie, vomissements ou pleurs qui s'aggravent en quelques heures : direction le vétérinaire le jour même. Un chien qui change brutalement de comportement de pleur signale rarement un simple caprice.</p></aside>\n\n<h2>Ce qui perturbe un chien sans qu'il y ait ni douleur ni séparation</h2>\n\n<p>Un déménagement, l'arrivée d'un bébé ou d'un autre animal, un changement d'horaires de travail : tout ce qui bouscule la routine peut se traduire par des pleurs pendant quelques jours à quelques semaines. Le chien n'a pas de mot pour dire qu'il est déstabilisé, le pleur en tient lieu. Dans ce cas, la patience et le maintien d'un maximum de repères (heures de repas, promenades) aident plus que n'importe quelle technique de dressage.</p>\n\n<p>L'arrivée d'un bébé illustre bien ce mécanisme : le chien perd d'un coup une partie de l'attention qu'il recevait, entend des bruits nouveaux à des heures inhabituelles, et voit son territoire réduit par un parc ou une chambre fermée. Les pleurs qui suivent ne signalent pas de la jalousie au sens humain du terme, plutôt une perte de repères qu'il faut reconstruire progressivement, en lui gardant des moments individuels même courts.</p>\n\n<h2>Faut-il changer d'alimentation ou d'horaires de sortie ?</h2>\n\n<p>Deux causes physiologiques passent souvent inaperçues parce qu'elles ne ressemblent pas à un problème de comportement. Un chien qui a systématiquement faim avant l'heure du repas, parce que la ration est légèrement sous-dimensionnée pour son poids ou son niveau d'activité, peut développer un pleur récurrent en fin d'après-midi. De même, un chien dont la dernière sortie a lieu trop tôt par rapport au coucher peut réclamer bruyamment en pleine nuit, simplement parce que sa vessie ne tient pas jusqu'au matin.</p>\n\n<p>Avant de chercher une explication comportementale complexe, vaut mieux écarter ces deux pistes simples : la quantité de nourriture correspond-elle vraiment aux repères de la marque pour son poids, et la dernière sortie a-t-elle lieu suffisamment tard ? Un ajustement de dix ou vingt minutes sur l'horaire de la promenade du soir suffit parfois à faire disparaître un pleur nocturne qui semblait, à première vue, purement anxieux.</p>\n\n<h2>Rééduquer sans punir : ce que change l'éducation positive</h2>\n\n<p>Punir un pleur, en grondant ou en isolant davantage le chien, tend à ajouter du stress au stress, surtout quand la cause est l'anxiété. L'éducation positive fonctionne dans l'autre sens : on marque et on récompense le comportement calme, en ignorant sans dramatiser le pleur de réclamation. C'est plus lent qu'une réprimande, mais l'effet dure, parce que le chien associe le calme à quelque chose de bon plutôt que l'agitation à une punition à éviter.</p>\n\n<p>Concrètement, cela ressemble à ceci : le chien pleure devant la porte, vous ne réagissez pas tant qu'il pleure, puis dès qu'il souffle et se pose une seconde, vous ouvrez la porte ou lui donnez ce qu'il attendait. La première fois, le silence dure une seconde. Avec la répétition, le chien apprend à se calmer plus vite et plus longtemps pour obtenir la même chose, jusqu'à ce que le pleur ne serve plus à rien à ses yeux.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-vert\"><strong>Une méthode qui tient dans le temps</strong><p>Récompenser le silence, jamais le pleur. Cela demande de la constance sur plusieurs semaines, mais un chien qui comprend que le calme obtient plus que l'agitation finit par pleurer beaucoup moins, sans qu'on ait eu besoin de le gronder une seule fois.</p></aside>\n\n<p>Le comportementaliste canin Olivier Lhote détaille cette logique dans un article consacré au <a href=\"https://educateurcomportementalistecanin.net/blog/chien-qui-pleure-comprendre-et-agir-pour-son-bien-etre/\">chien qui pleure</a>, avec des pistes concrètes pour les cas d'anxiété de séparation installée depuis longtemps. 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Au bout de quelques jours, un motif se dessine presque toujours : un chien qui pleure surtout entre 17 et 19 heures pointe vers la faim ou l'ennui de fin de journée, un chien qui pleure uniquement les jours de forte chaleur pointe vers l'inconfort thermique, un chien qui pleure dans les cinq minutes suivant chaque départ pointe vers l'anxiété de séparation.</p>\n\n<p>Ce carnet sert aussi de base concrète si vous consultez un vétérinaire ou un éducateur comportementaliste : plutôt que de décrire de mémoire un comportement flou, vous apportez des horaires, une fréquence et des déclencheurs précis, ce qui accélère nettement le diagnostic comportemental ou médical.</p>\n\n<h2>Récapituler avant d'agir ce soir</h2>\n\n<p>Face à un chien qui pleure, la première question à se poser est simple : dans quel contexte ? Au départ, c'est probablement de l'anxiété, qui se travaille par petites étapes. En votre présence, c'est souvent une demande, qui se corrige en attendant le calme avant de répondre. La nuit ou de façon inhabituelle, c'est un signal physique à ne pas ignorer. Et lors d'un grand changement de vie, c'est une adaptation qui demande simplement du temps et des repères stables.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-violet\"><strong>Un délai à respecter</strong><p>L'habituation à la solitude se construit sur plusieurs semaines, pas en un week-end. Forcer l'étape (laisser un chiot anxieux seul six heures d'un coup) produit l'effet inverse et renforce la peur au lieu de la réduire.</p></aside>\n\n<p>Être attentif à ces nuances ne demande pas de matériel particulier, seulement de noter, pendant quelques jours, quand le chien pleure et ce qui se passe juste avant. 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